Adyguéen : endonyme désignant un groupe de langue caucasienne vivant en Circassie (entre la mer Noire et la Tchétchénie). Au fil du temps, il s’est diversifié en Kabardes et Tcherkesses (ou Circassiens). Victimes de la traite pratiquée par les Tatars et les Turcs, les seconds sont devenus des esclaves très prisés dans le monde musulman, en particulier dans les rangs des Mamelouks de l’Empire ottoman ; certains ont ainsi donné naissance à la dynastie des Burjites qui a régné sur l’Égypte de 1382 à 1517. Nombre d’Adyguéens restés dans le Caucase en ont été expulsés par les Russes en 1864-1867, de sorte que les Circassiens (comme les Abkhazes) sont aujourd’hui plus nombreux en Turquie que dans les trois républiques ethniques qui leur sont dédiées en Russie (Adyguée, Karatchaïévo-Tcherkessie et Kabardino-Balkarie).
Afar : ce peuple de langue couchitique compte 2,5 à 3 millions de personnes vivant sur environ 150 000 km² répartis dans trois pays. 64 % habitent l’Éthiopie (surtout dans la région fédérée Afar, 96 707 km²), 19 % la République de Djibouti (ex-Côte française des Afars et des Issas) et le reste l’Érythrée (17 % avec les Saho voisins).
Aglipayans : membres de l’Église philippine indépendante qui, comme les Vieux-Catholiques, rejette la primauté du pape.
Albanaise (langue) : elle compte deux dialectes principaux, le tosque parlé au sud de l’Albanie et le guègue parlé au nord, ainsi que par les Albanais du Kosovo et de Macédoine. La langue officielle de l’Albanie est basée sur le tosque, avec quelques emprunts au guègue. L’albanais est langue officielle dans les régions de Macédoine du Nord où les albanophones représentent plus de 20 % de la population (environ 25 % de la population au total dans le pays).
Alaouites : minorité musulmane de la mouvance chiite (cf. L’islam et ses chapelles) ayant longtemps dominé la Syrie.
Alévisme : religion syncrétique et panthéiste datant du premier peuplement turc en Anatolie au XIe siècle ; elle comprend des éléments d’islam sunnite, de bouddhisme et de chamanisme, complétée à la fin du XVe par des emprunts au chiisme orthodoxe mais aussi par des éléments de laïcisme (dont le culte d’Atatürk). Le sobriquet de « kizilbas » ou « têtes rouges » est attribué aux Alévis, par allusion au turban écarlate que portait leur chef.
Allemande (langue) : langue officielle de l’Allemagne, l’allemand standard (Hochsprache) est né de la synthèse successive de parlers du centre et du sud de l’Allemagne (dits haut-allemands, Hochdeutsch), distincts des dialectes bas-allemands (Niederdeutsch ou Plattdeutsch) et bas-franciques du nord de l’Allemagne et des Pays-Bas (cf. Langues germaniques). Les dialectes haut-allemands se subdivisent eux-mêmes en allemand supérieur (Oberdeutsch, formé des multiples dialectes austro-bavarois et alémaniques, dont l’alsacien) et en moyen-allemand ; cette catégorie réunit des dialectes germaniques orientaux (thuringien, haut-saxon, lusacien, silésien), le pensilfaanisch (pratiqué par les communautés religieuses mennonites et amish d’Amérique du nord), ainsi que des parlers franciques (luxembourgeois, franciques rhénans et mosellan, saxon de Transylvanie) distincts des dialectes bas-franciques parlés aux Pays-Bas. Langue vernaculaire des communautés juives d’Europe centrale et orientale (ashkénazes) à partir du Moyen Âge, le yiddish (ou judéo-allemand) est dérivé du haut allemand. Cf. infra. Au nord de l’Allemagne et aux Pays-Bas, la famille des parlers bas-allemands réunit le bas allemand oriental (autrefois pratiqué en Poméranie et en Prusse, il ne subsiste plus que dans une partie du Mecklembourg) et les différentes formes du bas-saxon ou bas-allemand occidental : héritier direct du moyen bas allemand, qui fut la langue véhiculaire de la Ligue hanséatique, le bas-saxon est parlé dans le nord-ouest de l’Allemagne, ainsi que dans le nord-est des Pays-Bas et par quelques milliers de germanophones du Danemark. Le plautdietsch, parlé certaines communautés mennonites d’Amérique latine, est un mélange de vieux prussien et de néerlandais.
Américain : le gentilé désigne à la fois les habitants de l’ensemble du continent américain et ceux des États-Unis d’Amérique. De ce fait, le nom des populations continentales est souvent précédé d’un adjectif qualificatif : nord-américain, sud-américain, latino-américain, afro-américain…
Amish : mouvement anabaptiste suisse, né d’une scission du mennonisme à la fin du XVIIe siècle. Ses adeptes expulsés d’Alsace, au début du siècle suivant, ont fondé des communautés en Amérique du nord (en particulier en Pennsylvanie et dans l’Ohio).
Arabe (langue) : appartenant à la famille des langues sémitiques, elle s’est répandue dans une large partie de l’Asie, de l’Afrique et même de l’Europe, en tant que langue liturgique de l’islam. Aux côtés de l’arabe littéraire (arabe classique et arabe standard moderne, apparu au XIXe) se sont développés des dialectes vernaculaires reposant sur des substrats différents : berbère pour les dialectes maghrébins, égyptien pour l’arabe d’Égypte, phénicien et turc pour les parlers du Proche-Orient, italique pour le maltais et le tunisien… Cela représente une quinzaine de langues suffisamment dissemblables pour que des locuteurs provenant de régions éloignées ne puissent pas se comprendre entre eux (ni comprendre un individu ne parlant que l’arabe littéraire) : si les différences ne sont pas très grandes entre des dialectes d’un même groupe, par exemple maghrébin, elles sont importantes d’un groupe à l’autre.
Arts martiaux : les « arts de la guerre » chinois découlent des méthodes de concentration (chan en chinois, zen en japonais) introduites par les bouddhistes, à partir du Ve siècle. Le premier est le kung-fu (« effort méritoire« ) développé par les pensionnaires du monastère de Shaolin, dans la province centre-orientale du Henan, pour se défendre des pillards. Les Japonais les ont perfectionnés pour développer leurs propres voies (dô) : le jûdô (voie de la souplesse, né en 1882), le karate dô (voie des mains vides), l’aikidô (voie de l’harmonie du souffle), le tae-kwondô (voie des pieds et des poings, d’origine coréenne). Le sumô est pour sa part issu du shintoïsme.
Austronésiennes (langues) : elles sont originaires de l’île de Taïwan, habitée à partir de 4000 AEC par des populations venues des provinces maritimes du bassin du Yangzi. Vers -3000, certaines sont ensuite parties peupler l’espace « malayo-polynésien » (des Philippines jusqu’à la Malaisie, l’Indonésie et la Nouvelle-Guinée). Cette diversification a donné naissance à trois rameaux : les langues formosanes (du berceau taïwanais), le groupe malayo-polynésien occidental (qui couvre les langues de Micronésie de l’ouest, de l’espace malais et de Madagascar) et un malayo-polynésien central-oriental qui compte plus de sept-cents langues dans le reste de l’Océanie jusqu’à l’île de Pâques (dont la sous-famille des langues océaniennes : samoan, parlers fidjiens, gilbertin, tongien, maori, kuanua de Nouvelle-Bretagne, tahitien, hawaïen…). Voir la carte.
AUTOCHTONES (peuples) : faute d’une définition internationale unique, ils sont souvent définis comme les peuples et nations qui vivaient sur un territoire avant l’arrivée des colonisateurs et qui disposent d’un ensemble de dispositifs qu’ils transmettent à leurs descendants (institutions propres, langues, systèmes juridiques…). Reconnus dans la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, adoptée en 2007, ils sont entre 5 800 et 6 000, représentant plus de 470 millions de personnes dans 90 pays, sur les cinq continents.
Avar : ce peuple caucasien du Daghestan russe (comptant un peu moins de 900 000 personnes) serait originaire du Grand Khorasan, au sud-est de la mer Caspienne. Il n’a aucune parenté avec les Avars turcophones venus d’Asie centrale et ayant dominé une partie de l’Europe orientale entre les années 560 et 800 (cf. Hongrie).
Azéri : 60 % de ce peuple vit en Iran (dans quatre provinces couvrant 123 000 km²), contre un peu plus d’un tiers en république indépendante d’Azerbaïdjan (86 600 km²). Les autres (moins de 10 %) habitent en Turquie, en Russie, en Géorgie et en Amérique du Nord. Bien que turcophones, les Azéris sont majoritairement chiites.
Balte (pays) :la majorité des habitants de Lettonie et de Lituanie parle des langues de la famille balte (le lituanien étant considéré comme la langue la moins éloignée du proto-indo-européen). En revanche, l’Estonie est habitée par des locuteurs d’un parler finno-ougrien, voisin du finnois pratiqué en Finlande.
Bananière (république) : l’expression apparait en 1904, dans le roman de l’écrivain américain O. Henry. Il y décrit une république fictive (ressemblant fortement au Honduras, où il a longtemps séjourné), dirigée par une entreprise de production de bananes alliée au dictateur local.
Belgique germanophone : bien que de langue allemande, les cantons d’Eupen, Malmédy et Saint-Vith (854 km²) ont été attribués à la Belgique à la fin de la première Guerre mondiale. Ils sont administrativement rattachés à la région de Wallonie. Les germanophones ne représentent qu’1 % de la population belge.
Bengali : septième langue la plus parlée au monde, le bangla a le statut de langue officielle au Bangladesh (le Bengale oriental devenu pakistanais, puis indépendant) et dans les États indiens du Bengale occidental et du Tripura (ainsi que dans certains districts de l’Assam). Elle l’a aussi symboliquement en Sierra-Leone, en hommage au rôle que les soldats bangladais de l’ONU ont joué pour rétablir la paix dans ce pays africain. Sur ses 280 millions de locuteurs dans le monde, un peu moins de 60 % – essentiellement musulmans – vivent au Bangladesh et un peu plus de 40 % – principalement hindous – en Inde (très majoritairement au Bengale occidental avec Kolkata, ex-Calcutta, pour capitale). Les hymnes nationaux de l’Inde et du Bangladesh ont tous deux été écrits par le prix Nobel de littérature bengali Rabindranath Tagore.
Bluetooth : née au Danemark, cette technologie de communication informatique tient son nom de Harald la dent bleue qui, entre 950 et 986, unifia l’ensemble du Danemark, conquit la Norvège méridionale et exerça son influence sur une partie de la Suède (cf. Scandinavie).
Bonnet phrygien : porté par un ensemble de peuples indo-européens de l’Antiquité (Phrygiens, mais aussi Scythes, Thraces et Sogdiens) et coiffant le dieu indo-iranien Mithra, ce couvre-chef se répand dans le monde romain, où il s’apparente au chapeau porté par les esclaves affranchis. Ce « bonnet de la liberté » apparaît en France comme emblème du roi Henri III, puis comme symbole de la rébellion des Bretons contre les abus du pouvoir royal en 1675 (révolte des bonnets rouges). Devenu emblème de la Révolution française en 1790, il coiffe toujours Marianne, l’égérie de la république. Il a également été adopté par plusieurs pays d’Amérique, qui le font toujours figurer sur leurs armoiries (Colombie, Paraguay, Salvador, Haïti).
Bosnien & bosniaque : le premier terme est utilisé pour désigner tous les citoyens de Bosnie-Herzégovine, le second pour qualifier ceux qui sont de confession musulmane.
Bouddhisme (écoles du) : cf. Les Indes creuset de religions
Bushinengue (ou « Nègres marrons ») : nom utilisé pour désigner les descendants d’esclaves africains s’étant enfuis, pour retrouver la liberté dans des lieux inaccessibles ; appelée « marronnage », cette pratique vient de l’espagnol cimarron, qualifiant des animaux domestiques retournant à l’état sauvage. Ces « Negmarrons » ont formé des communautés indépendantes aux Mascareignes (Réunion et Maurice) et surtout en Amérique, où ils subsistent sous diverses appellations : quilombolas de Palmares (Nordeste du Brésil), Palenque de San Basilio (nord de la Colombie) ; ils représentent plus de 20 % de la population du Suriname et 6 % de celle de la Guyane française.
CALENDRIERS : Basé sur la date de naissance supposée de Jésus-Christ et instauré à la fin du XVIe siècle sous le pape Grégoire XIII (par adaptation du calendrier julien institué par Jules César), le calendrier grégorien est utilisé dans une très grande partie de la planète pour les usages civils. En Chine, il est en vigueur depuis 1912, tout en coexistant avec un calendrier traditionnel datant du XIIIe siècle avant la naissance du Christ (avec un nouvel an chinois variant entre fin janvier et fin février). De même, plusieurs religions utilisent leurs propres calendriers pour les usages liturgiques : le judaïsme (qui prend pour date de départ la Création supposée du monde, 3761 ans avant la naissance du Christ, avec un nouvel an en septembre ou octobre), le bouddhisme (qui se base sur la fin de l’existence physique, parinirvâna, du Bouddha en -543), l’islam (qui prend pour point de départ l’année 622, date de l’Hégire c’est-à-dire de la fuite de Mahomet pour Médine, avec un nouvel an en été). Certains chrétiens ont aussi leur propre temporalité : le calendrier julien reste utilisé par plusieurs Églises orthodoxes (notamment en Russie), tandis que celui des coptes éthiopiens prend pour référence l’année 284 (date d’accession au pouvoir de l’empereur romain Dioclétien, responsable de la dernière grande persécution contre les chrétiens). Le calendrier copte a servi de structure au calendrier civil qui est toujours utilisé en Éthiopie, mais dont le point de départ est différent (l’an 9, date supposée de l’incarnation de Jésus). En Iran et en Afghanistan, l’année civile est rythmée par le calendrier persan : basé lui aussi sur l’Hégire, il est en revanche découpé différemment du calendrier musulman (utilisé dans la vie religieuse) et s’inspire de l’ancien calendrier zoroastrien (cf. Religions iraniennes). Fixé à l’équinoxe de printemps, le nouvel an persan (Nouroz) est également fêté par les Kurdes, les Parsis, les Bahá’ís ou encore les Turcs Salar de la province chinoise de Qinghai. D’autres pays ont disposé, temporairement, de leur propre calendrier : la France révolutionnaire (de 1793 à 1806) ou plus récemment la Corée de nord ; aujourd’hui tombé en désuétude, le calendrier juche démarrait en 1912, année de naissance du fondateur du pays.
CAMPS DE CONCENTRATION : l’idée de « concentrer » les populations civiles dans des places contrôlées par l’armée (reconcentración en espagnol) a été mise en œuvre par les Espagnols en 1897, lors de la guerre d’indépendance cubaine (cf. Antilles), puis par les Américains lors de la répression de l’insurrection philippine entre 1899 et 1902. L’appellation elle-même est née lors de la guerre menée par les Britanniques contre les Boers d’Afrique du sud, entre 1899 et 1902. Des camps ont également été construits par les Allemands, d’abord en 1904 dans l’actuelle Namibie pour éliminer le peuple Herero, puis en Europe lors de la seconde Guerre mondiale, pour se débarrasser des Juifs, des Tziganes et des opposants au régime nazi.
Caodaïsme (et hoahaoisme) : religions locales du Vietnam, ayant joué un rôle contre l’occupation française du pays. La première (dont le nom, Cao Dai, signifie « haut palais ») est un culte syncrétiste fondé en 1921 par un fonctionnaire de l’administration coloniale : il mêle des éléments de bouddhisme, de confucianisme, de taoïsme et même de christianisme. La seconde (Hoahao ou Dao Xen, la Paix et la Bonté) est également un syncrétisme, à prédominance bouddhiste, créé en 1939 par un paysan du delta du Mékong.
Caribes : environ 3 000 survivants du peuple amérindien ayant donné son nom aux Caraïbes peuplent une réserve de 15 km², le territoire Kalinago, au nord-est de l’île de la Dominique. La langue karib insulaire (ou igneri) est par ailleurs parlée dans quelques villages de Garifunas, sur les côtes atlantiques d’Amérique centrale.
CASTES (système des) : cf. Encadré dans l’article sur l’Inde.
Caucasiennes (langues) : l’appellation regroupe une quarantaine de langues vivantes parlées par plus de onze millions de personnes, uniquement dans le Caucase (aux côtés de l’arménien, du russe et de langues iraniennes ou turciques). Elles appartiennent à trois familles différentes : kartvélienne ou caucasienne du sud (comme le géorgien, la plus parlée, et le laze), abkhazo-adyguéennes ou caucasiennes du nord-ouest (comme l’abkhaze, le tcherkesse et le kabarde) et nakho-daghestaniennes ou caucasiennes du nord-est (comme le tchétchène, l’avar et le lezguien). Des langues antiques comme le hourrite et l’ourartéen leur sont parfois apparentées. Voir l’article Caucase montagne des langues.
Cham : cette population austronésienne est majoritairement musulmane au Cambodge (où elle est nommée Khmers islam, comme les autres pratiquants de la confession islamique dans le pays). En revanche, la majorité des Cham du Vietnam sont hindouistes, une petite partie pratiquant un islam très peu rigoureux et mâtiné d’influences bouddhistes.
Chendoïsme : culte syncrétique coréen, mêlant des éléments de confucianisme, de chamanisme coréen, de taoïsme et de bouddhisme. Héritier d’une secte paysanne des années 1860, il est admis par le régime nord-coréen.
Chitral : ce district situé à l’extrême nord-est du Pakistan, dans les montagnes de l’Hindou Kouch, est un des territoires possédant la plus grande diversité linguistique au monde ; plus de 90 % de son demi-million d’habitants parlent un idiome ne faisant pas partie des neufs langues principales du Pakistan. Les plus importantes appartiennent aux groupes dardique et pashayi (comprenant les langues du Nouristan afghan voisin et les dialectes apparentés du nord-est du Pakistan), témoins du peuplement de cette région par des Indo-Iraniens aux Xe et XIe siècles. Le district est l’héritier du royaume de Chitral, fondé en 1320 (à l’effondrement du Khanat de Djaghataï) et devenu indépendant de 1700 à 1947, date de son adhésion au Pakistan (auquel il a été pleinement été intégré en 1969). Le district compte un des rares peuples du Pakistan pratiquant encore l’animisme : les Kalash (dont le nombre est passé, sous la pression de l’islamisation, de 100 000 au XIXe siècle à quelques milliers aujourd’hui).
Congolais : cf. Kongo.
Cravate : cet accessoire, popularisé par les Parisiens, tire son origine des foulards que les soldats croates se nouaient autour du cou, pendant la guerre de Trente ans (1618-1648).
Crésus (riche comme) : l’expression fait allusion au roi de Lydie (au milieu du VIe siècle AEC), dont le territoire était riche des mines et paillettes d’or du fleuve Pactole, et qui est considéré comme le premier souverain à avoir fait frapper des pièces de monnaie métalliques. Cf. Anatolie historique.
Croissant : cette pâtisserie serait née à la suite du siège de Vienne par les Ottomans en 1683. Levés tôt, les pâtissiers de la capitale autrichienne auraient entendu les assaillants creuser des tunnels et alerté les soldats qui défendaient la ville. En récompense de leur geste, les artisans auraient eu le droit de fabriquer une sorte de brioche ayant la forme d’un croissant, l’emblème figurant sur les drapeaux ottomans. Importé en France dans la première moitié du XIXe siècle, ce type de pâtisserie y sera confectionné avec une pâte feuilletée et y prendra le nom de viennoiserie.
Cyrillique (alphabet) : cf. Slavon
Daghestan (ou Daguestan) : république du Caucase (50 270 km²), la plus hétérogène de la Fédération de Russie. On y parle une quarantaine de langues, dont 80 % appartiennent au groupe caucasien, loin devant le russe, les langues turciques et iraniennes. Le peuple le plus nombreux est celui des Avars (29 %), devant les Darguines, les Koumyks (possibles descendants des Khazars turcophones) et les Lezghiens. Le Daghestan se caractérise aussi par sa fort diversité religieuse : musulman à 85 % (essentiellement sunnite), il compte des orthodoxes (Oudis caucasiens), des dissidents de l’orthodoxie russe (Malokanes et Doukhobors, cf. Les schismes du christianisme), ainsi que des « Juifs des montagnes« .
Dayak : terme générique désignant plus de deux cents groupes ethniques différents de Bornéo, dont certains dialectes sont mutuellement intelligibles.
DÉPLACÉS & RÉFUGIÉS : les guerres, les évènements climatiques et les crises économiques font que le nombre de déplacés et de réfugiés dans le monde a dépassé le niveau record de 120 millions de personnes en 2024 : les plus nombreux sont les Soudanais (plus de 14 millions), devant les Syriens (13,5) et les Afghans (plus de 10). Plus de 43 millions de personnes sont réfugiées dans d’autres pays, les plus nombreux étant les Afghans et les Syriens (6,4 M) devant les Vénézuéliens (6,1) et les Ukrainiens (6).
DIASPORAS : 8 des 11 millions d’Arméniens habitent en dehors de la république indépendante d’Arménie, de même que les deux tiers des Libanais vivent hors du Liban (dont un tiers au Brésil) et que à peu près la moitié des 14,5 millions de Juifs du monde n’habitent pas Israël. Il en va de même de plusieurs peuples caucasiens ayant fui en direction de la Turquie à la fin du XIXe siècle, lors des guerres du Caucase : les Abkhazes vivant en territoire turc sont quatre à cinq fois plus nombreux que ceux habitant en Abkhazie (république séparatiste de Géorgie) ; idem pour les Tcherkesses (Circassiens ou Adyguéens) dont le nombre en Turquie et au Levant est trois fois plus important que celui de la population restée dans les républiques russes du Caucase.
Diaspora coréenne : cf. Encadré dans Monde coréo-mandchou.
Diaspora indienne : la plupart des descendants de personnes ayant dû quitter l’Empire britannique des Indes, pour travailler dans les possessions de Londres durant l’époque coloniale, pratiquent toujours des idiomes dérivés des langues indo-aryennes parlées dans le nord de leur pays d’origine ; il s’agit principalement du bhodjpouri (du groupe bihari, utilisé dans l’est de l’Uttar Pradesh, le Bihar, la province népalaise du Madhesh) et de l’awadhi, proche de l’hindi (pratiquédans le centre de l’Uttar Pradesh, le Bihar, le Madhya Pradesh, la région de Delhi et le Terai népalais). Ces deux langues sont, dans des proportions variables, à la base de l’hindoustani des Caraïbes (parlé en Guyana, au Suriname et à Trinité-et-Tobago), de l’hindoustani d’Afrique du sud, de l’hindi des Fidji et du bhodjpouri de l’île Maurice.
Dioula : ethnie itinérante d’origine Mandingue (dioula signifiant « commerçant » dans cette langue), présente essentiellement au Burkina-Faso, au Mali et au Ghana. En Côte d’Ivoire, le terme est utilisé de façon plus générale, pour désigner l’ensemble des ethnies musulmanes du nord. Les Dioulas parlent une langue dérivée du bambara, distincte du diola qui, lui, est parlé par le peuple homonyme vivant en Gambie, en Casamance et en Guinée-Bissau.
DIVERSITÉ ethnique : une dizaine de pays possèdent une population extrêmement homogène, la part des minorités ethniques, des métissages et des étrangers y étant très faible. C’est le cas du Lesotho (à presque 100 % sotho du sud) et de l’Égypte (à 99 % arabe) en Afrique, des deux Corée (coréennes à 100 % pour le Nord et 98 % pour le Sud), du Japon (à 98 % japonais), du Bangladesh (à 98 % bengali) et de la Jordanie (à 98 % arabe) en Asie, de l’Arménie (à 98 % arménienne) dans le Caucase, de la Pologne (à 97 % polonaise) et du Portugal (à 95 % portugais) en Europe. Dans une poignée d’autres pays, la part des peuples locaux dépasse 90 % : la Grèce (92 % de Grecs), la Finlande (91 % de Finnois), l’Albanie (plus de 90 % d’Albanais), le Cambodge et l’eSwatini (respectivement plus de 90 % de Khmers et de Swazi). A l’inverse, certains pays (souvent vastes) sont extrêmement diversifiés : la Papouasie-Nouvelle Guinée (plus de 800 langues parlées), l’Indonésie (plus de 700), le Vanuatu (plus de 130 sur 12 000 km²) et de nombreux pays africains (plus de 250 ethnies au Nigeria et plus de 200 en RD du Congo, une centaine en Tanzanie ou au Tchad…).
Djihadisme : cf. Encadré dans L’islam et ses chapelles
Dougla (de l’hindi doogala, « mélange ») : métis Afro-Indiens (des Indes) présents en Guyana et à Trinité-et-Tobago.
Écosse : le pays des Scots (Scotia pour les Romains) a porté d’autres noms au fil de son histoire. ll s’est aussi appelé Hibernia (pays fertile en latin) ou Calédonie (en référence à une de ses tribus les plus célèbres, les Calédoniens). En langue gaélique, l’Écosse est dénommée Alba : signifiant « blanc » (ou « montagne »), ce nom issu d’une racine indo-européenne désignait à l’origine toute la Grande-Bretagne (Albion) et a aussi servi à baptiser les Albanie (des Balkans et du Caucase, cf. Particularismes géopolitiques).
Égyptiens des Balkans : minorité ethnique reconnue, de quelques milliers de personnes, vivant en majorité au Kosovo. Albanophones, musulmans et anciens nomades, ils sont considérés comme des Roms par la plupart des ethnologues (comme les Ashkalis qui en sont proches), mais eux disent être venus d’Egypte à l’époque ottomane, voire dès l’Antiquité.
ESCLAVAGE : cf. Encadré dans Le monde en guerre
ÉTRANGERS : ils constituent près de 90 % de la population du Qatar, environ 88 % de celle des Émirats arabes unis, 54 % de celle de Bahreïn, 45 à 60 % de celle de la Jordanie (Palestiniens)…
Euro : mise en service en 2002, la monnaie est commune à vingt-quatre États, à savoir vingt pays membres de l’Union européenne (sauf Bulgarie, Danemark, Suède, Hongrie, Pologne, Roumanie et Tchéquie) et quatre micro-Etats périphériques (Andorre, Monaco, Liechtenstein et Vatican). Elle est également utilisée de facto par le Kosovo et le Monténégro, sans accord formel.
Falachas (ou Beta Israël) : ces Juifs originaires d’Éthiopie en ont été exfiltrés à la fin des années 1970. Avec les falachmoras (des convertis au christianisme dont la judaïté a été reconnue en 2002), ils représentent environ 2 % de la population israélienne.
Fenniques (langues) : groupe de langues de la famille finno-ougrienne (cf. infra), comprenant le finnois et ses variantes (savo en Finlande, kvène en Norvège, meänkieli en Tornédalie suédoise), l’estonien et les idiomes voisins (dont le võro et le seto), les dialectes caréliens et plusieurs langues quasi-éteintes (vepse, vote, ingrien, live ou livonien).
Feyli : ces Kurdes du sud font partie des premières populations indo-européennes du Caucase à s’être installées en Iran, jusque dans l’ancien Elam, ainsi qu’au sud-est de l’Irak actuel ; dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, ils ont même donné une dynastie prestigieuse à la Perse, les Zand, avant d’être persécutés en Irak dans les années 1970-1980. Pratiquant initialement le zoroastrisme et le mithraïsme, ils se sont convertis au christianisme nestorien, puis finalement à l’islam chiite.
Finno-ougriennes (langues) : groupe de langues parlées par quelque vingt-cinq millions de personnes depuis la Sibérie et l’Oural jusqu’à la Baltique et à l’Europe centrale. Il comprend les langues ougriennes (le hongrois, la plus parlée de toutes, ainsi que le mansi et le khanty en Sibérie du nord), permiennes (komi et oudmourte en Sibérie centrale), finno-volgaïques (mari et langues mordves), sames (en « Laponie ») et fenniques sur la Baltique. La plupart des linguistes y ajoutent les langues samoyèdes (en Sibérie centrale et Sibérie du nord).
Franc CFA : hérité de la colonisation française en Afrique, ce nom est porté par deux monnaies arrimées à l’euro, mais non interchangeables. Le franc de la communauté financière en Afrique est en vigueur dans les huit pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) : Bénin, Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo. Le franc de la coopération financière en Afrique centrale est la monnaie des six États membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) : Cameroun, République centrafricaine, République du Congo, Gabon, Guinée-équatoriale et Tchad. L’hypothèse de leur remplacement par des monnaies nationales est régulièrement évoquée, jusqu’ici sans suite concrète.
Frères musulmans : cf. Encadré dans L’islam et ses chapelles
Frisons : les langues de ce peuple germanique de paysans et de pirates (au Moyen-Age) subsistent sur les rivages de la mer du Nord, entre l’Allemagne et les Pays-Bas. Elles se divisent en trois grandes familles : le frison occidental, de très loin le plus parlé (un peu moins d’un demi-million de locuteurs) dans la province néerlandaise de Frise, le frison oriental du Saterland en Basse-Saxe allemande et les dialectes du frison septentrional au Schleswig allemand.
Gallois : officielle au Pays-de-Galles (une des composantes du Royaume-Uni), la langue galloise bénéficie également de ce statut dans la province argentine de Chubut. Jusqu’alors peuplée d’Amérindiens, cette région de Patagonie centrale a été colonisée, dans la seconde moitié du XIXe siècle, par des Gallois fuyant la domination des Britanniques dans leur pays. Leurs descendants sont environ 50 000, soit 10 % de la population du Chubut.
Garifunas : ces communautés des côtes atlantiques d’Amérique centrale (Belize, Guatemala, Honduras et Nicaragua) descendent des Caraïbes « noirs » – métis d’esclaves africains évadés (les nègres marrons) – et de Caraïbes « rouges » (Amérindiens que les Britanniques ont déportés de Saint-Vincent à l’île hondurienne de Roatán en 1797).
GENTILÉ : le nom des habitants d’un pays se confond souvent avec celui de son ethnie dominante (Géorgiens, Français, Mongols…) mais pas toujours. Les habitants de l’Azerbaïdjan ne sont pas des Azéris (le peuple ultra-majoritaire) mais des Azerbaïdjanais ; de même, tous les Kazakhstanais ne sont pas Kazakhs etc.
Germaniques (langues) : représentant environ 20 % des locuteurs de langues européennes, elles sont issues d’une proto-langue (équivalente du latin pour les langues romanes), qui a donné naissance à trois familles dont deux sont toujours vivantes (celle des langues ostiques, propres aux Vandales, aux Burgondes et aux Goths ayant disparu). La famille nordique, issue du norrois parlé par les Vikings, comprend une branche occidentale (formée par l’islandais, le féroïen et les deux langues norvégiennes) et une branche orientale (avec le danois, le suédois et l’archaïque gutnisk, encore parlé dans l’île de Gotland). La famille germanique de l’Ouest (ou westique) est la plus nombreuse, puisqu’elle rassemble le rameau anglo-frison (anglais, scots, dialectes frisons) et le groupe germano-néerlandais. Ce dernier est divisé en trois sous-groupes présentant des différences lexicales, phonologiques et morphologiques : depuis le Centre de l’Allemagne jusqu’au Sud et en Autriche sont parlés les dialectes hauts-allemands (Hochdeutsch) qui ont donné naissance à l’allemand standard (langue officielle de l’Allemagne) ; le Nord de l’Allemagne et les Pays-Bas sont le domaine des dialectes bas-allemands (Niederdeutsch) et bas-franciques : ces derniers sont issus du vieux « bas francique » des Francs saliens d’avant Charlemagne et comprennent les parlers flamands et néerlandais (dont le hollandais et le brabançon, qui ont donné naissance au néerlandais standard), le limbourgeois, l’afrikaans…
Ghetto : provient du nom de l’île vénitienne où furent relégués les Juifs de Venise, au début du XVIe siècle ; elle abritait une fonderie (getto en italien) d’armes de guerre.
Goths : issus des bords de la mer Baltique (l’île de Gotland et la Pologne), les Goths de l’est (Ostrogoths) et de l’ouest (Wisigoths) ont occupé de vastes territoires en Europe au cours du haut Moyen-Age, depuis les steppes pontiques au IIe siècle EC jusqu’à la majorité de l’Espagne (entre le Ve et le début du VIIIe) en passant par les Balkans, la Pannonie (Hongrie), le nord de l’Italie et une partie du sud de la France (de l’Aquitaine à la Provence). Convertis au christianisme (version arienne au départ), ils se dotent de leur propre alphabet gotique, inspiré de l’alphabet grec. La culture des Goths a disparu au fil de leur assimilation par d’autres peuples (Slaves, Lombards, Francs, Asturiens), seuls ceux de Crimée parvenant à conserver leur langue jusqu’au XIXe siècle. Ils ont toutefois laissé une trace très indirecte : l’expression « gothique » qui a fleuri dans toute l’Europe à partir du XIIe siècle pour désigner une écriture, un art, une architecture et plus récemment un style vestimentaire. Elle est due au peintre et architecte italien de la Renaissance Giorgio Vasari selon lequel les bâtiments et œuvres d’art correspondant au nouveau style étaient issus d’un « style germanique barbare », en faisant allusion aux destructions du patrimoine de la Rome antique commises par les Goths lors de leurs occupations de l’Italie.
Guèze : appartenant à la famille des langues chamito-sémitiques, l’éthiopien « ancien » a disparu comme langue parlée au XIVe siècle ; il demeure en revanche employé comme langue liturgique par les différentes confessions non musulmanes d’Éthiopie et d’Érythrée (orthodoxes, catholiques et même juifs « falachas« ). L’alphabet guèze (ou fidäl), qui s’écrit de gauche à droite, continue également d’être utilisé pour écrire des langues vivantes telles que l’amhara, le tigrinya et le tigré.
Haredim : « craignant Dieu », nom donné aux ultraorthodoxes juifs.
Hindous d’Amérique du sud : l’hindouisme est la première religion de la Guyana et du Suriname (respectivement devant les pentecôtistes et les catholiques) ; ces deux pays sont peuplés (à près de 40 % pour le premier et plus de 25 % pour le second) par des « Hindoustani » ou « East Indians », dont les ancêtres sont arrivés dans la région à la fin du XIXe (ce qui est aussi le cas de 35 % des habitants de Trinité-et-Tobago aux Antilles). Tous parlent des idiomes dérivés de langues indo-aryennes du nord de l’Inde.
Hollandais est le nom des habitants de la Hollande, province historiquement la plus influente des Pays-Bas (aujourd’hui découpée en deux provinces qui sont les plus peuplées du pays). Les habitants des Pays-Bas sont les Néerlandais, de langue néerlandaise (groupe germanique).
Hongrois : du fait de la dissolution de l’Empire d’Autriche-Hongrie après la première Guerre mondiale, plus de 2,5 millions de Hongrois vivent dans les pays limitrophes de la Hongrie (où ils sont 8,3 millions) ; ils représentent 10 % de la population en Slovaquie, 7 % en Roumanie et 20 % dans la province serbe de Voïvodine. En Slovénie, le hongrois a un statut de langue co-officielle dans les zones limitrophes de la Hongrie.
Ibadisme : religion officielle du sultanat d’Oman, appartenant au kharidjisme, une branche ultra-minoritaire de l’islam apparue dès 657 (cf. L’Islam et ses chapelles).
Indiens d’Amérique du sud : ils représentent 92 % de la population du Paraguay, le guarani étant langue officielle du pays (avec l’espagnol). Ils sont plus de 40 % en Équateur et en Bolivie, plus de 25 % au Pérou (Aymara, Quechua…) et plus de 10 % au Chili (essentiellement Mapuches). S’y ajoutent de très nombreux métis. Depuis la Constitution de 2009, les trente-six langues indiennes de Bolivie ont le statut de langues officielles, aux côtés de l’espagnol. En Colombie, les langues et dialectes de la soixantaine de groupes ethniques recensés sont officiels dans leurs territoires respectifs
Indiens du Mexique : ils représentent encore 15 % de la population mexicaine (et même 23 % dans l’État du Chiapas). Les plus nombreux sont les Nahuas (Aztèques, 2,5 millions) suivis des Mayas (1,5 M), des Zapotèques, Mixtèques, Otomi, Totonaques, Tzotzil (tous moins d’un million).
Indo-européens : l’origine de cette famille linguistique (dont les plus de quatre cents langues sont parlées par 40 % de la population mondiale) reste discutée, mais la dernière étude (parue en 2025 dans la revue Nature) situe leur berceau entre les montagnes du Caucase du Nord et la basse Volga, il y a environ 6 500 ans. De là, ces proto-Indo-européens se seraient dispersés en Anatolie (vers -3600, via les Balkans ou le Caucase) et en direction de l’actuelle Ukraine, où ils se seraient mêlés aux chasseurs-cueilleurs locaux. Ce mélange a donné naissance à la civilisation agricole des kourganes (du russe kurgan signifiant tumulus), dont la culture Yamna qui a ensuite essaimé dans toute l’Europe, grâce à l’utilisation de chevaux et de chariots. Deux autres branches majeures se sont séparées du tronc commun : d’une part les Tokhariens (disparus aujourd’hui), qui auraient gagné l’Asie centrale, jusqu’à l’Altaï et aux Tian Shan vers -3400 ; et d’autre part les Arya (Indo-iraniens). Ces derniers sont identifiés au tournant des troisième et deuxième millénaires AEC dans deux aires principales : les cultures des Tombes à charpente (Volga) et d’Andronovo (qui s’étend jusqu’en Asie centrale et en Sibérie méridionale), ainsi que la culture de Bactriane-Margiane (ou de l’Oxus), établie entre -2300 et -1700 au sud de la mer d’Aral. Les Arya sont les précurseurs des proto-Indiens (de langue védique) qui gagnent le nord du bassin de l’Indus vers -1700 et des proto-Iraniens (de langue avestique), dont les descendants (Mèdes, Scythes et autres Perses) commencent à s’installer sur le plateau iranien dans la seconde moitié du deuxième millénaire.
Inuit : peuple d’environ 150 000 personnes vivant principalement au Canada (62 000), au Groenland (50 000) et en Alaska (26 000). Les trois-quarts des Inuit canadiens habitent le Nunangat, territoire lui-même décomposé en quatre régions : le Nunavut (entité autonome au nord du détroit d’Hudson), le Nunavik dans le nord du Québec, l’Inuvialuit dans la région arctique occidentale des Territoires du Nord-Ouest et le Nunatsiavut dans le nord-est du Labrador. L’inuktikut et l’inuinnaqtun sont langues co-officielles au Nunavut et dans les Territoires du Nord. Les Inuit (terme qui a remplacé celui « d’eskimo » jugé péjoratif), sont apparentés aux Yupiks d’Alaska et de Sibérie, mais distincts des Innus, peuple amérindien vivant dans la forêt boréale du Nord-Est du Québec et du Labrador.
Iraniennes (langues) : subdivisions de la branche indo-iranienne des langues indo-européennes (cf. supra), elles comprennent deux groupes principaux, dont la zone de diffusion s’étend du Caucase jusqu’au Pamir et au Pakistan. Le groupe occidental comprend essentiellement le persan et ses variantes tadjik, hazara etc. (descendant du vieux-perse aujourd’hui disparu, comme le mède et le parthe), ainsi que le baloutche, les langues kurdes et quelques langues du Caucase. Du groupe oriental ne subsistent plus guère que le pachto, l’ossète et quelques parlers du Pamir, la plupart des langues anciennes étant éteintes (avestique, scythe, alain, sogdien, khotanais, chorasmien, bactrien…).
Italie germanophone : bien que de langue germanique, le Sud-Tyrol autrichien a été annexé par l’Italie lors de la première Guerre mondiale. Il a été réuni à la région italophone de Trente pour former le Trentin-Haut Adige, une des cinq régions autonomes d’Italie (avec la Sardaigne, la Sicile, le Frioul-Vénétie julienne et le val d’Aoste). Pour tenir compte des revendications des germanophones, le Trentin-Haut Adige a été lui-même divisé en deux provinces autonomes : le Trentin et Bolzano (ou Bozen, 7 400 km²). Toutes ces régions comptent quelques centaines de milliers de locuteurs de dialectes allemands : austro-bavarois à Bolzano et en Carnie (province frioulane d’Udine) et haut-alémaniques (waelser dans le Piémont et le val d’Aoste, mochène dans le Trentin, cimbre dans les provinces de Trente, de Vicence et de Vérone).
Japonais : le seul endroit du monde où il soit langue officielle de jure est l’État d’Angaur, dans la république océanienne de Palaos ; au Japon, il n’est langue officielle que de facto.
Juifs des montagnes : essentiellement établis en Azerbaïdjan et au Daguestan russe – pour les 30 000 à 50 000 n’ayant pas émigré en Israël – ils descendent de Juifs du sud-ouest de la Perse venus s’installer, probablement aux Ve et VIe siècles EC, dans ce qui était alors connu comme l’Albanie du Caucase. Ils parlent d’ailleurs une langue dérivée du moyen-perse de la dynastie Sassanide, mais mâtinée d’éléments sémitiques : le « judéo-tat » (ou juhuri).
Karaïsme : courant ethno-religieux issu du judaïsme. Né au VIIIe siècle à Babylone, il rejette la Loi orale (Talmud) et ne reconnaît que la Torah, qu’il interprète librement (sans recours aux écrits rabbiniques). Il a peut-être constitué la version judaïque à laquelle se seraient convertis les Khazars turcophones du Moyen-Age. Les migrations des Karaïmes les ont conduits dans la Crimée des Mongols et des Tatars (où ils jouissaient d’une relative autonomie), puis en Lituanie (lorsque ce pays a vaincu le khanat de Crimée à la fin du XIVe) ; ils y constituent encore une minuscule minorité.
Kimbanguisme : Église indépendante de type prophétique, « l’Église de Jésus Christ sur la Terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu » est apparue au Congo belge en 1921.
Kongo : ce peuple bantou a donné son nom à deux pays, situés de part et d’autre du fleuve Congo (le Congo dit Brazzaville sur la rive droite et la République démocratique du Congo, dite Congo-Kinshasa, sur la rive gauche). Leurs habitants portent tous le gentilé Congolais, sans que les Kongo ne constituent pour autant la majorité absolue de la population : s’ils forment la première ethnie du Congo-Brazzaville (environ 40 %), ils ne représentent que 15 % des habitants du Congo-Kinshasa (où ils sont devancés par les Luba et les Lunda). Les Kongo comptent également pour 13 % de la population angolaise.
Langues officielles (Canada) : depuis 1969, le français (parlé par 21 % de la population) partage ce statut avec l’anglais. Dans la pratique, huit des dix provinces canadiennes sont de facto anglophones ; les deux exceptions sont le Québec (officiellement monolingue en français) et le Nouveau-Brunswick officiellement bilingue français-anglais. Relevant directement du gouvernement fédéral, les Territoires du Nord-Ouest, le Yukon et le Nunavut reconnaissent l’officialité des deux langues, voire de plusieurs parlers autochtones (six langues indiennes et trois langues inuites au Nord-Ouest, deux langues inuites au Nunavut).
Langues officielles (Danemark) : le féroïen et l’inuit groenlandais sont co-langues officielles (avec le danois) dans les deux « pays constitutifs » insulaires du royaume de Danemark : les îles Féroé (52 000 habitants sur 1393 km², capitale Tórshavn) et le Groenland (58 000 habitants sur 2 166 086 km2, capitale Nuuk). L’allemand a le statut de langue régionale au sud-Jutland (le nord du Schleswig revenu au Danemark après la première Guerre mondiale), où vit la seule minorité officiellement reconnue (environ 25 000 personnes).
Langues officielles (Espagne) : aux côtés du castillan dans tout le pays, quelques langues ont un statut officiel, mais seulement dans leurs régions respectives ; il s’agit du basque au Pays basque et dans une partie de la Navarre, du galicien en Galice, du catalan en Catalogne, aux Îles Baléares et dans la Communauté valencienne (valencien) et de l’occitan aranais dans le val d’Aran (en Catalogne).
Langues officielles (États-Unis) : l’anglais n’est la langue officielle fédérale que depuis mars 2025. Jusqu’alors, le pays n’en avait pas, même si 32 des 50 États américains avaient voté des lois donnant ce statut à l’anglais, seul ou aux côtés d’autres langues (l’hawaïen à Hawaï, les langues amérindiennes en Alaska). L’espagnol possède un statut spécial (mais non officiel) au Nouveau-Mexique, de même que le français en Louisiane.
Lao : depuis le tracé de la frontière entre la Thaïlande et l’Indochine française (en 1935), 80 % des membres de cette ethnie sont citoyens thaïlandais contre moins de 20 % vivant au Laos.
Lhotshampa : minorité népalaise hindouiste pourchassée par les autorités du Bhoutan (royaume adepte du bouddhisme tibétain). Ces Népalais sont arrivés dans le sud du pays au milieu du XIXe siècle, notamment pour y pallier le manque de main-d’œuvre.
LIBERTÉ : le concept a donné son nom à deux capitales, Freetown en Sierra Leone et Libreville au Gabon, où les colonisateurs (britannique dans le premier cas, français dans le second) ont installés des esclaves libérés au XIXe siècle. Le nom a également inspiré celui d’un pays, lui aussi africain : le Liberia, fondé au milieu du XIXe pour des esclaves noirs affranchis d’Amérique. Paradoxalement, ces Noirs américains ont dominé et opprimé les autochtones jusqu’au coup d’État de l’un d’eux, en 1980.
Lozi : héritière des Aluyi (devenus ensuite les Barotse, cf. Pays du Zambèze), cette population bantoued’environ un demi-million de personnes vit à cheval sur l’ouest de la Zambie (plus de 80 %), le nord-ouest du Zimbabwe (13 %), la bande namibienne de Caprivi (3 %) et le nord du Botswana (2 %). Ne s’identifiant pas aux peuples dominants des États issus de la décolonisation, elle a fondé des mouvements séparatistes en Zambie (le Front patriotique Barotse) et à Caprivi (cf. Encadré dans Namibie).
Malais de Thaïlande : comptant pour à peine plus de 2 % de la population thaïlandaise, ils représentent en revanche 80 % des habitants des provinces méridionales de Pattani, Yala, Narathiwat et Satun.
Maltais : Malte est le seul pays d’Europe à avoir une langue officielle d’origine sémitique ; le maltais est proche de l’arabe parlé dans les pays du Maghreb.
Mandé : ce groupe ethnique d’Afrique occidentale compte une trentaine d’ethnies et de langues. Plusieurs d’entre elles appartiennent au sous-groupe Mandingue (ou Mandekan) : les paysans Malinké (« ceux du Mali », parlant la langue du fondateur de l’Empire médiéval du Mali) et Bambara (populations de langue mandingue ayant refusé de se convertir à l’islam), les commerçants Dioula (au Mali et dans les pays environnants) ou encore les Manding de langue mandinka (issus des Mandé ayant migré vers les pays de la côte Atlantique, ils y sont qualifiés de Malinkés). Le groupe Mandé comprend également d’autres peuples et langues plus ou moins éloignés, tels que les Soninké (ou Sarakolé, issus des fondateurs du royaume médiéval du Ghana et surtout présents au Mali et au Sénégal), les Soussou de Guinée, les Kpellé du Liberia, les Mendé (avec un « e ») de Sierra Leone, les Dan (ou Yacouba) de Côte d’Ivoire, les Bobo-Dioula du Burkina-Faso…
Mandéens (Sabéens en Irak) : ces quelques dizaines de milliers de personnes dans le monde pratiquent une religion monothéiste qui mélange des éléments judéo-chrétiens et zoroastriens et se réclame de Saint-Jean le Baptiste (cf. Les schismes du christianisme).
Mark : le deutschemark allemand a disparu lorsque l’Allemagne est passée à l’euro (cf. supra), mais le mark reste le nom de la monnaie de Bosnie-Herzégovine, qui avait choisi d’utiliser la devise allemande comme monnaie de facto après son indépendance, afin de remplacer le dinar yougoslave. Les billets existent en deux versions : l’une avec des motifs relatifs aux Bosniaques, l’autre aux Serbes de Bosnie.
Mausolée : le nom de ce monument funéraire provient du somptueux tombeau (une des sept merveilles du monde antique) que fit construire la veuve (et sœur) du roi de Carie Mausole, au IVe siècle AEC. Cf. Anatolie historique.
Mayotte : la partie de l’archipel des Comores demeurée française est la seule subdivision territoriale de France dans laquelle l’islam est la religion majoritaire (à 95 %).
Mennonisme : mouvement anabaptiste fondé au XVIe siècle aux Pays-Bas par Menno Simmons. Adeptes d’une lecture stricte de la Bible, professant que seuls les adultes peuvent être baptisés, ses partisans sont pourchassés en Europe germanique et se réfugient en Russie et en Amérique. Leurs communautés y pratiquent toujours des dialectes hérités du bas-allemand (plautdietsch en Amérique latine) ou du haut-allemand (pensilfaanisch au Nord). Sur environ 1,5 million de pratiquants dans le monde, les plus nombreux se situent aujourd’hui en Éthiopie et en RD du Congo.
Meshkets : ce peuple d’origine toujours débattue (Géorgiens « turquisés » ou descendants d’envahisseurs Coumans turcophones) a fait partie des populations déportées par Staline vers l’Asie centrale en 1944, au motif qu’elles étaient traîtres à la patrie. Transférés de force du sud de la Géorgie jusqu’au Kazakhstan et en Ouzbékistan, les Meshkets ont été contraints d’y demeurer (comme les Tatars de Crimée et les Allemands de la Volga) : à la différence d’autres peuples déportés (tels que les Tchétchènes), la déstalinisation de 1956 ne les a pas autorisés à regagner leurs terres originelles. Victimes de pogroms dans la vallée de Ferghana, en 1989, plus de 30 000 ont quitté l’Ouzbékistan pour se réfugier notamment en Russie et en Azerbaïdjan. Devenus très majoritairement russophones, les Meshkets sont environ 500 000, dans les pays pré-cités ainsi qu’en Turquie. En revanche leur retour en Meskhétie géorgienne (l’actuelle Djavakhétie) est rejeté par la population, essentiellement arménienne, qui les considère comme des Turcs (peuple auteur du génocide des Arméniens).
MÉTISSAGES : en Amérique latine, les métis à proprement parler sont issus d’un mélange entre parents européen et amérindien. Les mulâtres désignent des personnes d’origine européenne et africaine). Le mélange entre Afro-Américains et Amérindiens porte plusieurs noms : Zambos en Colombie ou Garifunas en Amérique centrale. Les créoles sont des Européens de souche nés outremer.
MINORITAIRES : quelques peuples sont moins nombreux dans le pays portant leur nom que dans les pays voisins. C’est le cas des Azéris (plus nombreux en Iran qu’en Azerbaïdjan), des Swati (en plus grand nombre en République sud-africaine qu’au Eswatini), des Sotho du Lesotho, des Lao (moins nombreux au Laos qu’en Thaïlande), des Mongols (en plus grand nombre en Chine qu’en Mongolie, cf. infra), des Tadjiks (trois fois plus nombreux dans le nord de l’Afghanistan qu’au Tadjikistan) et des Pachtouns (plus nombreux au Pakistan qu’en Afghanistan, « le pays des Pachtouns » en langue persane). En Afrique, les Kongos ont donné leur nom à deux pays, mais ils n’y sont pas majoritaires.
Mirandais : ce dialecte roman, proche de l’asturien, est co-langue officielle dans sa zone de diffusion, au nord-est du Portugal.
Moldave : cette variante du roumain est considérée comme une langue distincte en république de Moldavie (au même titre que le macédonien, variante du bulgare, en Macédoine du nord)
Mongols : environ les deux tiers de ce peuple, comptant un peu moins de dix millions de personnes, vivent en Chine (dont cinq millions en république « autonome » de Mongolie intérieure). Un petit tiers habite en république indépendante de Mongolie et 5 % en Russie (principalement dans les « républiques autonomes » de Kalmoukie et de Bouriatie).
MONOLINGUISME en Afrique noire : quelques rares pays le pratiquent (aux côtés éventuellement de langues étrangères) ; c’est le cas de la Somalie (somali), du Burundi (kirundi), du Rwanda (kinyarwanda), du Lesotho (sesotho), voire de l’Eswatini (swati).
Mont-Athos : la petite république monastique grecque (cf. Schismes du christianisme) applique l’abaton, une règle qui interdit l’accès de son territoire aux enfants mineurs et à « toute créature femelle ». Une interdiction similaire prévaut sur l’île japonaise d’Okinoshima, site sacré du shintoïsme au nord-ouest de Kyushu.
Mosquitos (ou Miskitos) : peuple Amérindien du groupe Chibcha, vivant dans des forêts humides infestées de moustiques sur la façade caraïbe du Nicaragua et du Honduras ; une partie s’est mélangée à des Noirs échappés d’îles antillaises. Rétifs à l’occupation espagnole, les Mosquitos s’allient aux Britanniques pour rester autonomes ; ils leur vendent aussi des esclaves Amérindiens, capturés jusqu’au Yucatan et au Costa-Rica. A la fin du XIXe siècle, leurs territoires sont annexés par le Nicaragua et le Honduras. La Constitution nicaraguayenne de 1987 leur reconnaît deux régions autonomes.
Negritos : le terme de « petits Noirs » a été donné par les Espagnols, au XVIIe siècle, à des populations qui, comme les Vedda du Sri-Lanka, descendent des premiers homo sapiens arrivés en Asie du sud, il y a 60 000 à 30 000 ans. L’appellation désigne toujours des petits peuples, ethniquement très différents, qui vivent dans trois zones géographiques : les îles indiennes d’Andaman, la péninsule malaise (Orang Asli et Semang de Malaisie et quelques tribus du sud de la Thaïlande) et Philippines (une vingtaine de groupes tels que les Aetas et les Batak).
Nègres marrons : cf. Bushinengue.
Népalais : langue officielle du Népal, ce parler indo-iranien de la famille pahari est aussi la langue co-officielle de l’État indien du Sikkim et du district de Darjeeling dans celui du Bengale occidental. Il est également parlé par les Lhotshampa du Bhoutan.
Norvégien : la Norvège possède deux langues officielles, inter-compréhensibles, le bokmål (très majoritaire, proche du danois) et le nynorsk (issu de la synthèse de dialectes ruraux), cf. Scandinavie.
Ossètes : descendant du peuple scythique des Alains, ils sont environ 750 000 dans le monde, dont les deux-tiers vivent en Russie, principalement dans la république d’Ossétie du nord-Alania. Le reste habite en Géorgie (essentiellement dans la république séparatiste d’Ossétie du sud-Alania) et en Turquie. Parlant une langue de la famille iranienne, ils sont en majorité chrétiens orthodoxes. Eux-mêmes se désignent selon le nom de leurs deux principaux dialectes : Irons et Digorons.
Ourdou & hindi : les langues officielles respectives du Pakistan et de l’Inde sont deux langues « sœurs » issues de l’hindoustani, langue du Nord de l’Inde formée au XVIe siècle par le mélange du dialecte indo-aryen de Delhi avec le persan, pratiqué par les souverains musulmans. Elles se sont progressivement différenciées d’abord par l’écriture (en arabo-persan pour l’ourdou, en alphabet dévanâgari pour l’hindi) et de plus en plus par le vocabulaire (avec des emprunts respectifs au persan et au sanskrit).
Pachtouns : tirant leur nom de l’iranien parswāna (qui signifie « héros »), les membres de ce peuple de la famille iranienne, parlant le pachto, sont plus de soixante millions. Ils sont répartis aux trois quarts entre le Pakistan (province de Khyber Pakhtunkhwa avec la ville de Peshawar, nord du Baloutchistan avec Quetta et mégalopole de Karachi) et un quart en Afghanistan (dans l’est et quasiment toute la moitié méridionale). En persan, « afghan » est synonyme de « pachtoun ».
Palestiniens : moins de la moitié vit en Palestine (Cisjordanie et Gaza). Ils représentent la majorité de la population en Jordanie.
Parsisme : religion descendant du zoroastrisme. Ses pratiquants ont fui la conquête musulmane de la Perse pour se réfugier en Inde. Cf. Religions iraniennes.
Pendjabis : peuple indo-aryen de plus de cent vingt millions d’habitants, séparé lors de la Partition ayant suivi l’indépendance des Indes britanniques. Les trois quarts (à 98 % musulmans) vivent dans la province pakistanaise du Pendjab (capitale Lahore). Près de trente millions demeurent de l’autre côté de la frontière, essentiellement dans l’État indien du Pendjab ; ils sont majoritairement sikhs (58 %) et hindous (39 %). Les Pendjabis cohabitent avec des ethnies qui leur sont proches : les Saraikis au Pendjab pakistanais et les locuteurs de certaines langues paharis (« populations des montagnes ») dans l’État indien d’Himachal Pradesh. Du fait de l’immigration, le pendjabi est la troisième langue maternelle la plus parlée au Canada (2 %) avec le mandarin.
Peuls : d’origine incertaine (mais probablement proche-orientale), ce peuple de pasteurs musulmans compte entre une cinquantaine et une soixantaine de millions de membres, répartis sur une quinzaine de pays de l’ouest africain et de la bande sahélienne. Leur nom varie selon les langues : Peul en français, Fulani en haoussa (repris en arabe et anglais), Fufulde, Pulaar, Fellata… Les Peuls eux-mêmes se nomment « Pullo » (au pluriel Fulbe). Les plus nombreux se trouvent au Nigeria (environ 16 millions), mais n’y représentent que 8 % de la population ; ils sont suivis des Peuls de Guinée (un peu moins de 5 millions, soit 40 % des Guinéens).
Pitcairn : située à près de 700 km de l’île habitée la plus proche (en Polynésie française), cette île britannique de 5 km² a été peuplée par les mutinés du Bounty, un navire anglais dont une partie de l’équipage s’était révoltée, en 1789. Leurs descendants ne sont plus qu’une quarantaine, de plus en plus âgés. Ils parlent une langue créole anglo-polynésienne, le Pitkern, qui est également pratiquée dans l’île australienne de Norfolk, occupée en 1856 par des Pitcairnais trop à l’étroit dans leur île.
Qiang : ce petit peuple tibéto-birman du Sichuan (centre de la Chine) provient d’un ensemble beaucoup plus vaste et beaucoup plus ancien portant le même nom. Dans la Chine ancienne, le terme Qiang désignait les populations nomades non Han vivant au nord-ouest de la Chine. Établis sur les contreforts du plateau du Tibet, les anciens Qiang auraient été assimilés par les Tibétains et d’autres par les Han, de sorte qu’ils sont en partie considérés comme liés à ces deux peuples. Ceux qui n’auraient pas été assimilés auraient pris la direction du Sichuan ; leurs héritiers se considèrent comme les descendants des Tanguts, qui constituèrent au XIe siècle l’État des Xia occidentaux (cf. Monde sino-mongol).
Rastafarisme : basée sur une lecture africaniste (et non occidentale) de la Bible, cette pratique religieuse et sociale a été fondée, dans les années 1920, par un Jamaïcain des États-Unis. A partir des années 1930, elle s’est propagée parmi les descendants d’esclaves africains de Jamaïque et des petites Antilles anglophones. Les « rastas » considèrent que l’Empereur d’Éthiopie (ras) Haïlé Sélassié, au pouvoir de 1930 à 1974, est le messie du peuple noir et le représentant sur Terre de Jah, dieu présent dans chaque croyant. Adeptes de la musique reggae, les rastafaris le sont aussi du cannabis (ou ganja), herbe sacrée dont la consommation permet à l’âme de s’élever. Au fil du temps, le rastafarisme a donné naissance à différentes branches ayant chacune ses propres croyances et pratiques (telles que le port ou non de cheveux emmêlés, les dreadlocks) ; les plus connues sont la Nyabinghi, la Bobo Shanti, et les Treize tribus d’Israël.
RELIGION d’État : ce statut fait d’une religion la seule à être autorisée ou bien lui accorde un certain nombre de prérogatives (notamment financières), sans que les autres cultes soient interdits pour autant. L’islam est la religion d’État d’une vingtaine de pays, parfois la seule autorisée ; il s’agit essentiellement du sunnisme, sauf en Iran (chiisme) et à Oman (ibadisme). Le christianisme a ce statut dans une quinzaine de pays, sous sa forme catholique romaine (une dizaine d’États), luthérienne (Danemark, Islande et Norvège), orthodoxe (Grèce) et anglicane (en Angleterre et par ricochet au Royaume-Uni, seul un anglican pouvant être roi). Le bouddhisme est religion d’État dans cinq pays (école mahāyāna au Bhoutan et theravāda au Sri-Lanka, au Myanmar, au Laos et au Cambodge). La Chine professe l’athéisme d’État, mais reconnaît cinq cultes. En Russie, aucun n’a le statut de religion étatique, mais le christianisme orthodoxe l’est de facto. Enfin, certaines régions peuvent avoir une religion officielle, au sein d’États n’en ayant pas : c’est notamment le cas en Indonésie de la province d’Aceh (islam), en Russie de la Kalmoukie (bouddhisme tibétain) et de la Tchétchénie (islam) ou encore de la plupart des cantons suisses (catholicisme et/ou protestantisme réformé, voire judaïsme et même alévisme à Bâle-ville).
Rhéto-romanes (ou rhéto-frioulanes). Ce petit groupe de langues romanes (moins d’un million de locuteurs) associe trois parlers largement distincts des Alpes orientales : le romanche dans le canton suisse des Grisons, le ladin des Dolomites italiennes et surtout le frioulan, parlé dans la province italienne du Frioul-Vénétie Julienne. Tous trois correspondent plus ou moins au territoire dans lequel vivaient les Rhètes, un peuple non indo-européen potentiellement apparenté aux Étrusques ou aux Ligures. Leur soumission par les Romains, à la fin du 1er siècle AEC, a abouti à une latinisation accompagnée de multiples variantes (et dialectes) selon les vallées montagnardes.
Roms : descendant de populations indo-aryennes venues du nord des Indes, ils constituent la plus importante minorité ethnique du continent européen. Cf. Article dédié
Roumain.La langue officielle de la Roumanie appartient au groupe des langues romanes orientales, au même titre que trois autres parlers disséminés dans les Balkans par les bergers et commerçants valaques (le nom que les Slaves donnaient à tous les roumanophones) : l’aroumain (ou macédo-roumain), le mégléno-roumain (ou méglénite) et l’istro-roumain (ou istrien). En dehors de la Roumanie, le roumain a le statut de langue officielle en Moldavie (sous une forme dialectale appelée moldave) et dans la province autonome serbe de Voïvodine. Plus de 70 % de son vocabulaire provient directement ou indirectement du latin, avec des substrats slaves et thraco-daces (antérieurs à la conquête romaine) et des emprunts aux langues voisines (hongrois, turc, grec, voire russe dans le cas du moldave). Cf. L’origine du roumain dans l’histoire des Balkans.
Ruthène, Russe et Ukrainien : au Moyen-Age, la Ruthénie était le nom latin donné à la région slave orientale que ses habitants appelaient la Rus’ de Kiev (cf. Slaves orientaux). On y parlait le vieux ruthène (ou rusyn) mélange de dialectes locaux et de slavon (langue de la religion et du savoir élaborée à partir d’un dialecte slave de Macédoine, cf. infra). Aujourd’hui disparu, le vieux ruthène a donné naissance au russe, au biélorusse, à l’ukrainien et au ruthène moderne (rusyn ou carpato-ruthène, parfois considéré comme une variante de l’ukrainien). Les quatre langues se sont diversifiées au fil de l’histoire, dès le Xe siècle. Débarrassé du slavon (cantonné au domaine liturgique), le « russe laïque » est devenu obligatoire sous la règne de Pierre le Grand en 1710 : enrichi de nouveaux mots (la plupart venus d’Europe occidentale), il bénéficie d’une syntaxe simplifiée. L’ukrainien a en revanche conservé plus de racines du vieux ruthène et ses emprunts viennent principalement des autres langues slaves (en particulier du polonais, eu égard à la longue occupation d’une partie de l’actuelle Ukraine par la Pologne). Résultat, le russe et l’ukrainien sont des langues parentes mais distinctes (comme le sont l’espagnol et le portugais par exemple) : elles diffèrent au niveau du vocabulaire (un peu plus de 60 % en commun), de la grammaire, de la construction des phrases et surtout de la prononciation. Avec l’affirmation du nationalisme ukrainien, à partir du XIXe siècle, le terme « ruthène » s’est restreint aux parties occidentales de l’Ukraine actuelle, où sont parlés des dialectes ruthènes tels que le houtsoule (à cheval sur l’Ukraine et la Roumanie), le lemkovien (en Galicie polonaise), le boyko (en Ukraine occidentale et Pologne). La dispersion des Ruthènes dans diverses parties de l’Empire austro-hongrois, par une politique de migrations organisées, a par ailleurs donné naissance à deux langues reconnues et enseignées : le rusyn carpatique en Slovaquie et le rusyn pannonien dans la province autonome serbe de Voïvodine.
Sainte-Lucie : la petite île antillaise est le seul pays du monde à posséder un nom féminin (une martyre chrétienne du IVe siècle EC).
Salafisme : cf. Encadré dans L’islam et ses chapelles
Samaritains : une des plus petites communautés religieuses du monde (moins d’un millier de membres) ayant rompu avec le judaïsme traditionnel au VIe siècle AEC.
Sames : probablement originaire de l’Oural (comme les Hongrois et les Finnois), ce peuple de chasseurs et de pêcheurs s’est installé il y a environ 4 000 ans en Fennoscandie (Finlande et péninsule Suède-Norvège). Refoulés vers l’extrême-Nord par les Finnois et les Scandinaves, les Sames se sont spécialisés vers le IXe siècle dans l’élevage nomade des rennes. Ils sont aujourd’hui moins de 90 000 (dont environ 55 000 en Norvège) sur un territoire de 670 000 km² qu’ils désignent sous le nom de Sápmi et qui s’étend du Finnmark norvégien jusqu’à la péninsule russe de Kola, sur la mer Blanche. Longtemps ostracisés et affublés du nom péjoratif de Lapons (« porteurs de haillons » en suédois ou « périphérie » en finnois), ils bénéficient d’un début de reconnaissance depuis les années 1980 (dont la création de parlements les représentant en Norvège, Suède et Finlande).
Serbo-croate : les guerres de Yougoslavie ont entraîné le remplacement de ce terme par l’acronyme « BCMS » (bosnien, croate, monténégrin et serbe). A l’exception de quelques différences, les quatre langues sont inter-compréhensibles mais utilisent deux alphabets distincts : latin pour le croate et le bosnien, cyrillique pour le serbe et le monténégrin.
Slave : regroupant une quinzaine de nations d’Europe centrale et orientale, ce peuple indo-européen est originaire d’une zone comprise entre le sud-est de la mer Baltique et les steppes des bords de la mer Noire, au voisinage de l’actuelle Ukraine septentrionale. Linguistiquement proches des Baltes au départ, les Slaves s’en sont différenciés au fil de leurs migrations. Ils ont formé trois branches ayant gardé des liens de parenté : les Slaves occidentaux– Tchèques, Slovaques, Polonais et Cachoubes du nord de la Pologne, Sorabes ou « Serbes de Lusace »– les Slaves orientaux – Russes, Biélorusses, Ukrainiens – et les Slaves méridionaux (Bulgares, Serbes, Croates, Macédoniens, Slovènes…). Cf. https://axl.cefan.ulaval.ca/monde/langues_slaves.htm
Slavon : l’ancienne langue officielle et littéraire de la Bulgarie, de la Moldavie et de la Valachie n’existe plus que comme langue liturgique de l’orthodoxie ; elle est issue d’un dialecte vieux-slave de Macédoine, parlé par Constantin (Cyrille) et Méthode, deux frères originaires de Thessalonique que le patriarche de Constantinople avait envoyés convertir les Slaves de Moravie dans les années 860. Le « slavon d’église » se divise en deux variantes : septentrional (ou russe) et méridional (ou bulgaro-valaque). Un disciple des deux missionnaires a créé l’alphabet cyrillique au début du Xe siècle : inspiré des alphabets grec et hébreu, il sert à écrire le russe, le bulgare, le serbe et d’autres langues de peuples slaves orthodoxes (ceux de confession catholique ou musulmane utilisant l’alphabet latin).
Somali (peuple). Les cinq branches de l’étoile du drapeau somalien représentent les cinq régions de peuplement somali : Somalie et Somaliland, Djibouti (clan Issa), Ogaden (en Éthiopie) et nord du Kenya.
Sotho : ce peuple bantou est divisé en trois grands ensembles. Les Sothos du sud vivent principalement au Lesotho, les Sothos du nord (principalement les Pendi) au Transvaal sud-africain et les Sothos de l’ouest (ou Tswana) au Botswana.
Svastika : adopté par le régime nazi en tant que symbole de la « race aryenne » (dans une version inclinée à 45°, la croix gammée) , le svastika est une croix très ancienne, présente sous des formes graphiques très diverses dans une multitude de cultures et de civilisations : européennes (triskell celte, lauburu basque…), africaines (Ashanti), amérindiennes (Maya, Navajo, Kuna…) et asiatiques. Ses plus anciennes figurations (datées de 10 000 AEC) ont été trouvées en Ukraine, avant que d’autres découvertes ne suivent dans les Balkans, entre le Moyen Tigre et le Moyen Euphrate, dans le Caucase… Mais l’utilisation systématique du symbole vient d’Inde : le mot svastika (« ce qui porte chance » en sanskrit) apparaît pour la première fois dans les épopées hindoues du Rāmāyana et du Mahābhārata ; ce signe de bon augure se répand ensuite dans l’hindouisme, le bouddhisme et le jaïnisme. Il est également présent dans différents mouvements spirituels contemporains (francs-maçons, Cao Dai vietnamien, Falun Gong chinois, raëliens).
Abandonné en 2025 seulement par l’armée de l’air finlandaise, le svastika figure toujours sur le drapeau de la réserve autonome des Kuna au Panama (cf. ci-contre).

Tadjiks : ces locuteurs d’une langue iranienne sont trois fois plus nombreux dans le nord de l’Afghanistan qu’au Tadjikistan ; de plus petites communautés vivent en Ouzbékistan (Samarcande) et en Iran.
Tatars : héritiers des anciens khanats turco-mongols (cf. Steppes d’Europe orientale), ils se divisent en Tatars de Crimée et Tatars de la Volga (ou de Kazan). Leur nombre dépasse les sept millions de personnes, dont 80 % vivent en Russie, essentiellement au sein de la république autonome du Tatarstan ; le reste se répartit entre le Bachkortostan voisin de leurs « cousins » Bachkirs, la Crimée, les bassins de la Volga et de l’Oural, ainsi que la Sibérie et l’Extrême-Orient. Les 20 % restant vivent essentiellement en Ouzbékistan et dans les autres républiques d’Asie centrale : certains descendent des Tatars déportés par Staline en 1941. Quelques milliers de Tatars ont le statut de minorité nationale en Pologne.
Tête de Maure : symbole de la libération des chrétiens vis-à-vis de l’occupation musulmane, elle figure sur les drapeaux de la Corse (en bas), ainsi que de la région italienne de Sardaigne (en haut) et de sa capitale Cagliari. Elle apparait pour la première fois en 1281 (en quatre exemplaires autour d’une croix) sur les armes du royaume d’Aragon, auquel le pape accorde en 1297 le Royaume de Sardaigne et de Corse. Mais elle ne réapparait dans « l’île de beauté » qu’au XVIIIe siècle : réintroduite en 1736 par le baron allemand qui y règne brièvement, elle est choisie comme emblème de la nation Corse par Pascal Paoli en 1755. Elle figure sur le drapeau de la région Sarde depuis 1952.


Thaï et taï : l’idiome majoritaire des Thaïlandais fait partie d’un ensemble linguistique plus vaste, voisin des langues austronésiennes, les langues taï-kadaï. Elles sont généralement subdivisées en trois groupes principaux : le groupe du nord (avec principalement le zhuang du nord, parlé dans le sud de la Chine), le groupe central (avec le zhuang du sud, ainsi que le tày des régions montagneuses du nord du Viêt Nam) et le groupe méridional (dont font partie le thaï, mais aussi l’isan du nord-est de la Thaïlande, le lao – langue officielle du Laos – le shan de Birmanie et l’ahom, langue disparue de l’Assam).
Tigréen : parlant une langue sémitique, le tigrinya, ce peuple est majoritaire en Érythrée (50 %) et ultra-dominant au Tigré, l’un des dix États fédérés d’Éthiopie ; il a même dirigé l’ensemble de ce pays de 1991 à 2018, bien qu’y étant très minoritaire (6 %). Malgré leur proximité ethnique, les dirigeants érythréens vouent une haine politique farouche à leurs homologues tigréens d’Éthiopie. Les Tigréens diffèrent des Tigré (30 % de la population érythréenne), bien que leurs langues soient proches (le tigré comme le tigrinya dérivant de l’ancien guèze d’Abyssinie).
Toubou : population nomade d’éleveurs Noirs musulmans, occupant une très vaste région du Sahara et de la zone sahélienne (nord du Tchad, sud de la Libye, ouest du Niger et est du Soudan). Leur nom, d’origine kanembou (langue du peuple Kanouri), regroupe en réalité deux peuples, parlant des dialectes proches, mais néanmoins distincts : les Téda (originaires du Tibesti) de langue tédaga au nord et les Daza (ou Gorane en arabe) de langue dazaga au sud. Bien qu’ayant une langue et un mode de vie différents, les Zaghawa leur sont apparentés. Pour en savoir plus.
Travellers : population nomade et cavalière de quelques dizaines de milliers de membres, vivant dans les îles Britanniques (où ils sont reconnus comme minorité ethnique) et aux États-Unis. D’origine irlandaise, ils possèdent leur propre langue, le shelta, dont une partie du lexique est empruntée au gaélique irlandais et à l’anglais. Parfois appelés Tinkers (rétameurs) ou affublés de divers noms péjoratifs, ils se désignent eux-mêmes comme Pavees.
Turcs (peuples) : 60 % des populations de langues « turciques » vivent à l’extérieur de la Turquie, entre l’Europe orientale et la Sibérie. C’est le cas de la dizaine de millions de Turkmènes (ou Turcomans) dont la majorité peuple le Turkménistan, tout en également présente en Iran, en Afghanistan, en Irak, en Syrie… Ethniquement proches des Tadjiks (iraniens) mais turcophones, les Turcomans descendent de la coalition des Oghouz, qui a donné naissance à plusieurs dynasties en Anatolie et en Iran (Seldjoukide, Ottomans, Aq Qoyunlu et Qara Qoyunlu, Séfévides et Qadjars). Certains ont adopté des noms liés à leur région d’implantation (comme les Azéris), d’autres ont conservé leur nom tribal originel, comme les Qashqai et les Afshars d’Iran.
Union Jack (ou Union flag) : le drapeau actuel du Royaume-Uni est apparu en 1801 lors de l’union de la Grande-Bretagne avec l’île d’Irlande ; il résulte de la fusion de la croix de Saint-Patrick irlandaise avec la croix de Saint-Georges anglaise et la croix de Saint-André écossaise (déjà mêlées depuis 1606, sous Jacques Stuart). Le symbole de la quatrième nation constitutive du royaume (le dragon rouge gallois) n’y apparaît pas, car le Pays-de-Galles était considéré comme assimilé depuis longtemps à l’Angleterre (cf. Histoire des îles britanniques). Certaines anciennes possessions britanniques, toutes situées dans le Pacifique, ont conservé l’Union Jack dans un coin de leur drapeau : l’Australie, la Nouvelle-Zélande, Tuvalu et les îles Fidji (pourtant devenues une république) ; c’est aussi le cas de l’État américain d’Hawaï, en souvenir de l’époque (1794-1843) où le roi hawaïen s’était placé sous la protection de Londres, pour consolider son royaume naissant.
Vanuatu : c’est le pays qui possède la plus forte densité linguistique au monde, avec 138 langues vernaculaires distinctes pour 300 000 habitants. Les langues officielles sont l’anglais, le français et le bichelamar (pidgin à base anglaise).
Vaudois : le terme renvoie à deux populations sans rapport entre elles ; d’une part les habitants du canton suisse de Vaud (probablement issu de l’allemand wald signifiant « forêt »), de l’autre les adeptes du prédicateur médiéval Pierre Valdo (qui existent encore à l’état résiduel dans le Piémont italien, cf. schismes du christianisme).
Vieux-catholiques : séparés de Rome à partir du XVIIe siècle, ils rejettent le dogme de l’Immaculée Conception, de l’Assomption de Marie et de l’infaillibilité papale, acceptent le mariage du clergé, ainsi que la célébration des offices par les femmes. La plupart forment une communion appelée l’Union d’Utrecht, en référence à la plus ancienne Église fondée, en 1723, par des jansénistes exilés de France.
Vieux-croyants (ou Vieux ritualistes) : nom d’une dissidence de l’orthodoxie russe apparue, dans la seconde moitié du XVIIe, par rejet du projet de Nikon, patriarche de Moscou, de réaligner le rituel russe sur la liturgie byzantine. Cette mouvance a éclaté en plusieurs Églises : certaines se sont rapprochées de l’orthodoxie officielle (voire des catholiques vieux-ritualistes, cf. supra), mais d’autres sont restées autonomes. Elles se divisent entre Églises presbytériennes (ayant conservé des prêtres, comme les Lipovènes de Roumanie) et non presbytériennes (comme les Pomores, présents en Russie, en Ukraine, en Biélorussie et dans les pays Baltes).
Viennoiseries : cf. Croissants
Yaghnobis : vivant dans les montagnes du Tadjikistan, cette ethnie d’une quinzaine de milliers de personnes constitue les derniers descendants des Sogdiens, le peuple iranien qui habitait les régions de Samarcande et Boukhara (Sogdiane) au Moyen-Âge.
Yéniches : peuple semi-nomade d’Europe comptant environ 500 000 membres, essentiellement en Allemagne, en Hongrie, en Autriche, en Belgique et en Suisse (où il est reconnu comme minorité nationale). Son origine est d’autant plus incertaine (celte, juive, voire khazare) que la langue yéniche dérive de l’allemand, de l’hébreu et du yiddish, avec des emprunts au romani.
Yézidisme : monothéisme syncrétique pratiqué chez les Kurdes (aux côtés de pratiques en partie voisines, comme le yarsanisme et le shabakisme), ayant emprunté des éléments cultuels à différentes religions environnantes : le dualisme aux zoroastriens, le baptême et la cène aux chrétiens, les règles alimentaires aux juifs, la métempsycose aux druzes. Cf. Les religions iraniennes.
Yiddish (ou judéo-allemand) : parler germanique dérivé du haut allemand, avec un apport de vocabulaire hébreu et slave, qui a servi de langue vernaculaire aux communautés juives d’Europe centrale et orientale (les ashkénazes) à partir du Moyen Âge. Quasiment disparu du fait de l’extermination des Juifs par l’Allemagne nazie, il a le statut de langue co-officielle (avec le russe) dans l’oblast autonome juif de la Fédération de Russie (cf. Particularismes étatiques).
Zaghawa : terme arabe désignant un peuple semi-nomade Noir musulman, identifié depuis le IXe siècle au nord du royaume du Kanem, qu’il a contribué à former (cf. Sahel) ; les Zaghawa eux-mêmes s’identifient comme Béri. Vivant dans l’Ennedi et le Ouaddaï tchadiens, ainsi qu’au Darfour soudanais (où ils sont plus nombreux), ils sont composés de trois groupes principaux : les Bideyat au Tchad, les Touer du côté soudanais et les Koubara à cheval sur les deux pays. Pour en savoir plus.
Zaydisme : branche très minoritaire du chiisme, mais majoritaire dans le nord du Yémen (cf. L’Islam et ses chapelles).
Zikrisme: apparue à la fin du XVIe siècle au Baloutchistan, cette doctrine croit en une mystérieuse figure mahdiste connue sous le nom de Nur Pak , ou « lumière pure », qui aurait marché sur la terre avant Adam et reviendra à la fin des jours pour restaurer le véritable islam.