Iles & archipels divisés

Certaines îles, immenses ou minuscules, présentent la particularité d’être partagées entre plusieurs pays.

En OCÉANIE,

  • les Samoa sont partagées entre un pays indépendant (qui représente 93 % de l’archipel) et une possession américaine[1],
  • les îles de la Ligne entre les États-Unis et la république de Kiribati (qui en possède l’essentiel),
  • les Salomon entre le pays souverain éponyme et la région autonome de Bougainville au sein de la Papouasie Nouvelle-Guinée (îles de Bougainville et Buka).
  • Les îles Mariannes sont divisées entre un pays associé aux États-Unis (le Commonwealth des Mariannes du Nord) et un territoire purement américain (l’île de Guam, la plus méridionale et la plus vaste de l’archipel) ; cf. Particularismes étatiques.
  • Anciennes possessions espagnoles, puis allemandes, les îles Carolines ont été placées, après la première Guerre mondiale, sous la tutelle des Américains qui les ont divisées entre les États fédérés de Micronésie (six cents îles) et l’archipel de Palaos à l’extrême-ouest. Bien que géographiquement rattachées à Palaos, les îles Yap ont préféré rejoindre les États fédérés de Micronésie en 1978 (avant que les deux pays n’accèdent à l’indépendance).

A cheval sur l’Océanie et l’Asie, la Nouvelle-Guinée – deuxième plus grande île du monde après le Groenland[2] – est divisée entre une grande moitié occidentale sous tutelle indonésienne et une partie orientale indépendante, la Papouasie-Nouvelle Guinée. Celle-ci administre quelques-unes des îles du détroit de Torrès (qui la sépare de l’Australie), mais la très grande majorité des deux cent soixante-dix îles est australienne.

En ASIE, l’Indonésie occupe la partie occidentale de Timor (l’autre partie formant le Timor-Leste, pays indépendant), ainsi que la grande moitié orientale de Bornéo (troisième plus grande île du monde, qu’elle appelle Kalimantan) ; le reste appartient à la Fédération de Malaisie (États de Sabah et du Sarawak, 26 %) et au sultanat de Brunei (moins d’1 %, coupés en deux par un district du Sarawak).

En AFRIQUE, l’archipel des Comores est scindé en deux : une Union des Comores indépendante et les îles françaises de Mayotte que réclame la première.

En EUROPE :

  • l’Irlande comprend deux parties : la plus septentrionale est membre du Royaume-Uni sous le nom d’Irlande du Nord et le reste (83 %) constitue la république d’Irlande ou Eire.
  • En Méditerranée, Chypre est de facto divisée en trois zones : une partie occidentale membre de l’ONU, une partie orientale reconnue par la seule Turquie et une petite partie sous dépendance britannique.
  • Dans le Pays basque, l’île fluviale des Faisans (6820 m²) est administrée conjointement par la France et l’Espagne.
  • Dans la Baltique, l’îlot de Märket est partagé entre la Suède et l’État autonome finlandais d’Åland (cf. Particularismes étatiques).

En AMERIQUE caribéenne :

  • Hispaniola est partagée entre deux États souverains, Haïti (le tiers occidental) et la République dominicaine (les deux-tiers orientaux).
  • L’île de Saint-Martin (un peu moins de 96 km²) est à 61 % française au nord et à 39 % néerlandaise (Sint Maarten) au sud.
  • Les six cents îles et cayes de l’archipel des Grenadines (86 km² au total) sont rattachées, pour les deux tiers nord, à Saint-Vincent et pour le tiers sud à la Grenade.
  • A l’est de Porto-Rico, la centaine d’îles et îlots formant l’archipel des îles Vierges est partagée entre les États-Unis (et leur État associé de Porto-Rico) et le Royaume-Uni[3]
  • Dans le sud-est de Cuba, les Américains louent au pays les 121 km² de l’enclave de Guantanamo.
  • Plus au nord, l’archipel des Lucayes – qui s’étend des côtes orientales de la Floride jusqu’au nord d’Hispaniola – est partagé entre la république indépendante des Bahamas (13 943 km²) et le territoire britannique des îles Turks-et-Caïcos (616 km²).

A l’extrême sud du continent américain, à proximité de l’Antarctique, les milliers d’îles et îlots de la Terre de feu (environ 70 000 km²) sont partagés entre le Chili et l’Argentine (cf. Particularismes étatiques).

A cheval sur l’Amérique du nord et l’Asie, les îles Aléoutiennes ont été vendues par la Russie aux États-Unis en 1867, en même temps que l’Alaska voisin. Elles se prolongent, jusqu’à la péninsule du Kamtchatka, par les îles du Commandeur qui, elles, sont demeurées russes. Au milieu du détroit de Béring, séparant l’Alaska de la Sibérie russe, l’île américaine de Petite Diomède (7 km²) est distante d’un peu plus de 3 km de l’île russe de Grande Diomède (29 km²), la ligne de changement de date passant entre les deux îles.

Dans l’ARCTIQUE, le minuscule îlot de Hans est partagé entre le Canada et le Danemark (cf. Territoires disputés).

[1] Les Samoa ont été divisées en 1899 entre une partie américaine (199 km²) et une partie allemande (2 831 km²), passée sous tutelle néo-zélandaise en 1914 et devenue indépendante en 1962.

[2] Il arrive que, comme l’Australie, le Groenland soit plutôt considéré comme « île-continent ».

[3] Anglaise depuis les années 1670, la partie la plus orientale (153 km², capitale Road Town dans l’île de Tortola), forme un territoire britannique d’outre-mer. Plus à l’ouest, les 350 km² des îles Vierges américaines, achetées au Danemark en 1917, constituent un territoire non incorporé et organisé des États-Unis (capitale Charlotte-Amélie dans l’île de Saint-Thomas) ; elles comprennent l’île de Sainte-Croix qui, d’un point de vue strictement géographique, n’en fait pas partie puisqu’elle est située au sud de la fosse d’Anegada, donc dans les Petites Antilles. Enfin, les anciennes îles Vierges espagnoles, renommées îles du Passage (378 km²), sont rattachées à Porto-Rico.