Le monde politique : statuts & régimes

Pays pleinement indépendants ou autonomes, républiques ou monarchies, démocraties ou régimes autoritaires.

Le monde compte 194 pays bénéficiant d’une reconnaissance internationale générale : les 193 membres de l’ONU et la Cité du Vatican, qui y a le statut d’observateur. 9 États exercent une autorité de facto sur un territoire, sans pour autant être reconnus par l’ensemble de la communauté internationale : la Palestine (reconnue par une centaine de pays, elle gère une maigre partie de la Cisjordanie et a le statut d’observatrice à l’ONU), Taïwan (qui entretient des relations diplomatiques avec de nombreux États, mais n’est reconnue formellement que par une douzaine, la plupart ne reconnaissant que la Chine populaire), le Kosovo (ancienne province serbe dont l’indépendance n’est reconnue ni par la Serbie ni par plusieurs dizaines de pays, dont la Russie et la Chine), l’Abkhazie et l’Ossétie du sud (régions séparatistes de Géorgie dont l’indépendance n’est reconnue que par la Russie et une poignée d’États), la Transnistrie (région de Moldavie reconnue uniquement par les deux précédentes), la République turque de Chypre du nord (reconnue uniquement par la Turquie), la République arabe sahraouie démocratique (sur une partie du Sahara occidental, membre de l’Union africaine et reconnue par quelque 80 pays) et le Somaliland (qui entretient des relations diplomatiques, mais ne bénéficie que d’une reconnaissance, celle d’Israël).

Les autres territoires de la planète dépendent d’un État, ce qui n’interdit pas à certains (plus de cent-trente, dans une trentaine de pays) d’y bénéficier d’un statut d’autonomie. Celle-ci est extrêmement variable, allant de la plus large (comme dans les îles néo-zélandaises Cook et Niue, observatrices à l’ONU) à la plus théorique (cas des régions autonomes chinoises du Tibet et du Xinjiang ou encore des républiques et oblast autonomes russes), en passant par de nombreuses situations intermédiaires. Certains pays, comme la Bosnie-Herzégovine, les Comores et la Somalie, sont des fédérations d’États autonomes, dont certains sont même allés jusqu’à déclarer leur indépendance (Somaliland, Transnistrie, Abkhazie…). La soixantaine d’autres cas relève d’une grande diversité : régions et zones autochtones (en Australie, au Canada, en Inde, au Nicaragua, au Panama), États librement associés (Porto-Rico et Mariannes du nord vis-à-vis des États-Unis), statut religieux particulier (Mont-Athos en Grèce, Aceh en Indonésie), forte décentralisation ou « dévolution » (communautés espagnoles, régions italiennes, Kurdistan irakien et syrien, Bangsamoro philippin, Bougainville en Papouasie-Nouvelle-Guinée, Aland en Finlande, Zanzibar en Tanzanie…), statut international (Svalbard norvégien), associations insulaires (Saint-Kitts & Nevis, Sao-Tomé et Principe, Trinité-et-Tobago)… Pour les détails, lire Particularismes étatiques et géopolitiques.


De nombreux États sont des fédérations dans lesquelles les pouvoirs législatifs et exécutifs, mais aussi parfois judiciaires, « sont répartis par la Constitution entre une autorité fédérale, dont les décisions valent pour l’ensemble du pays, et des entités fédérées, qui exercent leurs compétences sur des territoires déterminés » (Arcq et al., 2012). En vigueur dans six des sept pays les plus vastes du monde (à l’exception de la Chine), la fédération diffère de la confédération, formule dans laquelle des États confèrent certains pouvoirs à une autorité supranationale tout en demeurant souverains : c’est par exemple le cas de la Confédération des États indépendants (formée par la Russie après la disparition de l’URSS) ou encore de l’Union européenne. Ce fut aussi le cas de la Suisse, jusqu’à ce qu’elle devienne une fédération en 1848. Les formules fédérales sont extrêmement variables d’un État à l’autre : ainsi, le Royaume-Uni réunit quatre « nations », tandis que les royaumes des Pays-Bas et du Danemark associent une partie continentale et des « pays » autonomes (Antillais dans le premier cas, Groenland et Féroé dans le second).

Environ 150 des pays officiellement indépendants sont des républiques, régies par divers modes de gouvernement : présidentiel (environ 60), parlementaire, semi-présidentiel et hybride, à parti unique (comme la Chine), militaire ou encore théocratique (comme l’Iran) ; trois pays (la Libye, la Somalie et le Yémen) sont des républiques dont le territoire est divisé entre au moins deux gouvernements différents. Une quarantaine d’États sont des monarchies, en très grande majorité des royaumes, mais il peut aussi s’agir de principautés, d’émirats, de grand-duché (le Luxembourg), de théocratie (le Vatican) et même d’empire (le Japon) ; à l’exception d’une demi-douzaine de monarchies absolues, la plupart sont des monarchies constitutionnelles, dans lesquelles le souverain dispose de pouvoirs réels (moins d’une dizaine) ou symboliques (ce qui est notamment le cas de la quinzaine de pays, membres du Commonwealth, ayant le monarque britannique comme chef d’État).

Établi depuis 2006 par l’Economist intelligence unit, l’index de la démocratie classe les pays du monde en quatre catégories, en fonction de soixante critères : 25 États (représentant moins de 7 % de la population) sont des démocraties complètes et 46 des démocraties imparfaites (dont l’Inde et les États-Unis, ce qui représente un peu moins de 38 % de la population mondiale) ; 36 (un peu moins de 16 %) sont des régimes hybrides mêlant démocratie de façade et restrictions de liberté ; enfin 60 pays (dont la Chine et la Russie, représentant plus de 39 % de la population mondiale) ont des régimes autoritaires.