10 991 km²
Monarchie constitutionnelle membre du Commonwealth
Capitale : Kingston
Monnaie : dollar jamaïcain
2,8 millions d’habitants (Jamaïcains)
Indépendance en 1962

Sur le drapeau, une croix de Saint André jaune (comme le soleil) isole quatre triangles noirs (comme la force du peuple) et verts (comme la nature et l’espoir).

Comptant plus de 1 020 km de côtes sur la mer des Caraïbes, l’île située au sud de Cuba n’offre que quelques plaines côtières, au pied d’un relief fait de plateaux et de montagnes (les Blue Mountains culminent à près de 2300 m à l’est). Le climat est tropical.
Plus de 92 % de la population descend de Noirs africains. Le reste est métisse ou originaire d’Asie du sud. Les langues officielles sont l’anglais et le créole jamaïcain. Près des deux tiers des habitants se déclarent protestants (adventistes et une douzaine d’autres Églises), les autres confessions (catholiques, Témoins de Jéhovah, rastafariens) réunissant à peine plus de 5 % de la population.

Abordée par Christophe Colomb en 1494, l’île est colonisée par les Espagnols à partir de 1509. Ils y réduisent les autochtones Tainos en esclavage, sans tenir le moindre compte des soins que ces derniers avaient prodigués quelques années à Colomb, victime d’avaries à répétition. Entre maltraitance et maladies, les conditions de vie des Indiens sont telles qu’ils ont quasiment disparu en cent ans. Jusqu’alors nommée Santiago, l’île retrouve un nom proche de l’arawak Xamayca (« terre du bois et de l’eau ») lorsque les Anglais s’en emparent en 1655 ; de même, la capitale St Jago de la Vega est rebaptisée Spanish town. En 1684, le poste de gouverneur de la Jamaïque est attribué au pirate Morgan, anobli pour l’occasion.
Devenue le deuxième exportateur mondial de sucre (après Saint-Domingue), la colonie se transforme en plaque tournante de la traite des Noirs. Ils sont au moins 250 000 quand l’esclavage est aboli en 1834. Les années qui suivent sont troublées, les esclaves affranchis vivant dans des conditions misérables, aggravées par la sécheresse et de mauvaises récoltes. Une révolte éclate en 1865 et n’est matée par les Anglais qu’après l’exécution sommaire de huit cents rebelles. A la suite de ces événements, la capitale est transférée de Spanish town à Kingston, située un peu plus à l’est : fondée à la fin du XVIIe siècle, la ville présente le double avantage d’être fortifiée et éloignée des plantations.
En 1958, la Jamaïque adhère à la Fédération des Indes occidentales créée par Londres, mais la quitte trois ans plus tard pour devenir pleinement indépendante en 1962 (tout en restant membre du Commonwealth, avec le souverain britannique comme chef d’État). Ce n’est pas le cas des trois îles Caïmans, situées à l’ouest, qui lui avaient été rattachées administrativement mais qui demeurent territoire britannique.
Dans les années 1970, la dégradation des conditions économiques entraîne une montée de la violence.Elle émane en particulier de gangs rivaux (les posses) qui, comme à Haïti, servent de milices aux principaux partis politiques, le Parti travailliste jamaïcain (JLP) et le Parti national du peuple (PNP, d’inspiration socialiste jusqu’à son recentrage dans les années 1990). En 1980, la campagne électorale victorieuse du travailliste Edward Seaga s’accompagne de la mort de huit cent personnes, tuées notamment par le Shower Posse, le bras armé du JLP (shower en référence à la pluie de balles dont il « arrose » ses victimes). Lorsque le Premier ministre social-démocrate essaie de désarmer les gangs de Kingston liés au JLP, en 2001, les affrontements entre la police et les voyous font une vingtaine de morts. En 2010, sous la forte pression des États-Unis (dont les touristes font tourner l’économie jamaïcaine), le gouvernement travailliste doit se résoudre à interpeler et extrader le chef du Shower Posse, considéré comme un bienfaiteur par la population de certains quartiers ; son arrestation génère plusieurs jours d’émeutes, qui font plus de soixante-dix morts dans la capitale.
Fin 2022, l’état d’urgence est instauré à Kingston et dans plusieurs provinces pour lutter contre les gangs, responsables de plus de 1 400 morts violentes en un an. Émancipées de leurs parrains politiques, les bandes mafieuses se sont considérablement renforcées et enrichies, grâce au trafic de drogue et au blanchiment d’argent, la Jamaïque occupant une position intéressante entre la Colombie et le Mexique. L’augmentation des moyens accordés à la police fait passer le nombre d’homicides en 2025 à moins de 700, pour la première fois en trente ans, et diminuer de moitié le nombre de gangs, avec pour corolaire l’augmentation de 65 % des morts lors d’opérations policières.
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NB : en 1982, la ville de Montego Bay, au nord-ouest, a accueilli la signature d’une convention internationale sur le droit de la mer ; le texte prévoit que, au-delà de leurs eaux territoriales (fixées à 12 milles nautiques), les pays maritimes peuvent profiter d’une zone économique exclusive (ZEE) sur 200 milles nautiques (soit 370 km) au large de leurs côtes.