États fédérés de Micronésie

702 km²

République fédérale librement associée aux États-Unis

Capitale : Palikir

Monnaie : dollar américain

99 600 habitants (Micronésiens)

Palikir est moins peuplée que Kolonia, la capitale précédente.

Les étoiles du drapeau représentent les quatre États constitutifs du pays sur un fond bleu figurant à la fois l’océan Pacifique et le « bleu des Nations unies »


Le pays compte 605 îles (dont une soixantaine habitées), réparties sur 2 860 km à travers la quasi-totalité de l’archipel des Carolines (à l’exception de la partie la plus occidentale, qui forme la république de Palaos). S’y ajoutent les îles polynésiennes de Nukuoro et Kapingamarangi. L’ensemble représente 6 112 km de côtes et près de 3 millions de km² de zone économique exclusive, situés entre Palaos, les Marshall (au nord-ouest), l’île américaine de Guam (au nord-est) et la Papouasie-Nouvelle-Guinée (au sud).

La plupart des îles sont coralliennes, mais certaines ont été volcaniques (avec un point culminant à un peu plus de 780 m). Le climat est tropical.

Le pays est constitué de quatre États fédérés (représentés par les quatre étoiles du drapeau national). Il s’agit, d’est en ouest, de l’île de Kosrae (ex-Kosaie, 111 km², le plus petit et le moins peuplé des États, capitale Tofol), des îles iPohnpei (Ponape, 346 km², où se trouvent Palikir et Kolonia, avec un « K »), des îles Chuuk (ex-Truk, 127 km², le plus peuplé, capitale Weno) et des îles de Yap (118 km², capitale Colonia avec un « C »).

Plus de 90 % de la population est mélanésienne : 49 % de Chuukois, 30 % de Ponapéens, 6 % de Kosréens et autant de Yapéens (l’archipel de Yap étant également peuplé de 5 % de métis océaniens, européens et japonais). L’anglais est la langue officielle dans la Fédération, concurremment à plusieurs langues autochtones dans les États fédérés.

Plus de 95 % des habitants sont chrétiens : environ 55 % catholiques et 41 % protestants (congrégationalistes à 38 %).

Si les premières îles de Micronésie – les actuelles Mariannes – semblent avoir été peuplées dès -1500 par des Austronésiens venus d’Asie (cf. Océanie), le peuplement des Carolines semble plus tardif : peut-être vers -1300 à Yap et vers -1000 dans les autres. Vers 800 EC, Pohnpei se distingue par la réalisation des îles artificielles de Nan Madol : surnommée « la Venise du Pacifique », cette cité mégalithique d’une soixantaine d’hectares est la capitale de la dynastie Saudeleur, qui dirige les 25 000 habitants de l’île. Des techniques de construction équivalentes sont mises en œuvre sur le site de Lelu, centre politique du royaume fondé vers 1250 dans l’île de Kosrae. Plus à l’ouest, Yap est au cœur d’un réseau d’échanges inter-îles très hiérarchisé, le sawei, qui s’étend sur un millier de km² (d’où le terme parfois employé, bien qu’impropre, d’Empire de Yap). Le peuplement à grande échelle de Chuuk ne commence qu’au XIVe siècle ; il est marqué par les guerres que se livrent régulièrement ses différentes îles.

Après que des Portugais et des Espagnols ont exploré la zone au XVIe siècle, l’Espagne exerce au siècle suivant un contrôle au moins nominal sur plusieurs îles, non sans heurts avec le clan des Sokehs qui règne au sud de Pohnpei. Baptisées Carolines, en l’honneur du roi espagnol Charles II, les îles sont administrées depuis les Philippines. Mais le gouvernement de Madrid ayant perdu l’archipel philippin à l’issue de la guerre hispano-américaine, il décide de vendre les Carolines à l’Allemagne, en 1899. Ce sont les Allemands qui bâtissent Kolonia, au nord de Pohnpei, sur les lieux de la première implantation espagnole.

En 1914, les îles passent sous la coupe du Japon qui, six ans plus tard, reçoit de la Société des nations le mandat de les administrer. Pohnpei perd alors sa prédominance au profit de Chuuk, dans laquelle les Nippons établissent le quartier général de leurs opérations maritimes lors de la deuxième Guerre mondiale : les Japonais sont alors quatre fois plus nombreux que les autochtones dans l’île de Chuuk, lourdement bombardée par les Américains en 1944.


Après le conflit, les Carolines sont intégrées au Territoire sous tutelle des îles du Pacifique, dont l’ONU a confié l’administration aux États-Unis. Couvrant un surface maritime de 7,8 millions de km², le TTPI comprend six districts : les îles Marshall, les Mariannes (y compris Guam), Palaos, Yap, Chuuk et Pohnpei ; un septième, Kosrae, est créé en 1977, par séparation de Pohnpei. L’année suivante, les quatre derniers ratifient une Constitution qui crée les États fédérés de Micronésie, y compris Yap pourtant plus proche de Palaos que des autres archipels des Carolines (la tutelle de l’ONU prenant officiellement fin en 1990). En matière internationale, la défense de la Fédération est assurée par les États-Unis dans le cadre d’un traité de libre-association signé en 1986, aide financière américaine à l’appui ; les Américains peuvent par ailleurs utiliser l’espace maritime et terrestre du pays à des fins stratégiques.

Dans le système fédéral micronésien, chacun des quatre États fédérés possède sa propre constitution, sa propre assemblée et son gouverneur élu et dispose de pouvoirs importants, notamment en matière budgétaire. Cela n’empêche pas certaines velléités sécessionnistes, en particulier de Chuuk, le plus peuplé mais aussi le plus pauvre des États ; la question d’un référendum sur son indépendance revient de temps à autre dans l’actualité. Sur le plan institutionnel, Yap est allé encore plus loin que les autres membres de la Fédération, puisqu’il a donné aux chefs traditionnels le droit de s’opposer aux décisions de l’État. Pour éviter qu’une des principales villes insulaires ne soit privilégiée par rapport aux autres, une nouvelle capitale fédérale (Palikir) est entrée en service en 1989. Elle est située sur l’île de Pohnpei, comme sa devancière Kolonia, qui demeure la capitale de l’État fédéré de Pohnpei et le siège d’ambassades étrangères.