Lituanie

Lituanie

Comme ses voisins de la Baltique, la Lituanie entretient des relations tendues avec la Russie.

65 300 km²

République semi-présidentielle

Capitale : Vilnius

Monnaie : l’euro

2,6 millions d’habitants (Lituaniens)

Comptant 90 km de côtes sur la Baltique et sur la lagune de Courlande[1], la Lituanie partage 1 536 km de frontières terrestres avec quatre pays : 544 km avec la Lettonie (Latvia) au nord, 640 km avec le Belarus à l’est, 261 km avec l’exclave russe de Kaliningrad et 91 km avec la Pologne à l’ouest ; à cet endroit (dénommé corridor de Suwalki), l’oblast de Kaliningrad n’est distant que d’une soixantaine de km à vol d’oiseau de la Biélorussie, alliée de la Russie. Lituanie et Lettonie ont un différend, pacifique, sur leurs frontières maritimes (et l’exploitation pétrolière en Baltique).

[1] La lagune occupe 1584 km² (415 à la Lituanie, le reste à la Russie). Elle est séparée de la mer par un isthme sablonneux d’un peu moins de 100 km.

Le climat oscille entre maritime et continental et le relief est plat (point culminant à moins de 300 m).

Près de 85 % de la population est d’ethnie lituanienne. A la différence des deux autres États baltes, la minorité russophone est assez faible (5 à 6 %). Les Polonais sont un peu plus de 6 %. La langue officielle est le lituanien.

Sur les 80 % d’habitants déclarant une religion, plus de 74 % sont catholiques romains. Les autres sont orthodoxes (un peu moins de 4 %) ou adeptes d’autres églises chrétiennes (Vieux-croyants, cf. Particularismes culturels, luthériens, réformés, grecs catholiques…). La Lituanie compte par ailleurs quelques minuscules minorités religieuses témoignant de sa grandeur passée (cf. Pays baltes) : des Tatars musulmans et des karaïmes, « protestants » du judaïsme qui rejettent la loi orale (le Talmud) et n’observent que les prescriptions de la loi écrite (la Torah).

Photo : la colline des Croix, lieu de pèlerinage situé près de Šiauliai, au nord de la Lituanie

Revenus au pouvoir en 1992, un an après l’indépendance acquise vis-à-vis de l’URSS, les ex-communistes du Parti démocratique lituanien du travail sont largement battus aux législatives qui se tiennent quatre ans plus tard (mais ne sont suivies que par 36 % des électeurs). Les nouvelles formations au pouvoir, libérales et pro-européennes, accélèrent l’ancrage du pays au camp occidental. Comme ses voisins baltes, la Lituanie adhère à l’OTAN et à l’Union européenne en 2004, ce qui pousse la Russie à nucléariser son exclave de Kaliningrad (cf. Particularismes étatiques). Ce dossier empoisonne les relations entre Vilnius et Moscou, alors qu’elles sont par ailleurs plutôt normalisées en ce qui concerne le traitement des russophones de Lituanie : ils ont en effet pu acquérir sans difficulté la nationalité lituanienne, à la différence de leurs congénères vivant en Estonie et en Lettonie.

L’ombre de la Russie continue de planer sur la politique intérieure lituanienne. En avril 2004, le Parlement démet le Président libéral Paksas élu l’année précédente. Il est mis en cause pour les liens que le principal financeur de sa campagne, un homme d’affaires russe, entretient avec les services de renseignement, voire la mafia de son pays. En 2012, la Présidente de la république s’oppose à la formation d’un gouvernement incluant la formation populiste de Paksas, ainsi que le Parti du travail, créé par un homme d’affaires d’origine russe soupçonné d’achat de votes et de fraude fiscale. Fin 2023 apparaît un nouveau parti populiste qui fait clairement référence au cours d’eau marquant la frontière entre la Lituanie et Kaliningrad : Nemuno Ausra (L’Aube du fleuve Niemen). A l’automne 2024, il obtient plus de 15 % des voix aux législatives et, malgré les positions antisémites de son fondateur, il est associé – sans participation – au gouvernement que forment les sociaux-démocrates et l’Union démocrate pour la Lituanie (centre-gauche).