Lettonie

Comme ses voisins de la Baltique, la Lettonie entretient des relations tendues avec la Russie.

64 589 km²

République parlementaire

Capitale : Riga (photo)

Monnaie : l’euro

1,8 million d’habitants (Lettons)

Indépendance moderne en 1991

Le grenat du drapeau rappelle les tissus teints de jus de mûre des guerriers lettons du XIIIe siècle.

Pour l’histoire antérieure, lire Les pays finno-baltes jusqu’aux indépendances modernes

Comptant 498 km de côtes sur la mer Baltique et le golfe de Riga, la Lettonie partage 1 370 km de frontières terrestres avec quatre pays : 333 avec l’Estonie au nord, 332 avec la Russie à l’est, 161 avec le Belarus au sud-est et 544 avec la Lituanie au sud. Le climat est de type maritime sur la côte et continental à l’intérieur. Le relief est plat (avec un sommet dépassant à peine les 300 mètres).

Environ 63 % de la population est d’ethnie lettone, le reste étant d’origine russe (près de 25 %), biélorusse (3 %), ukrainienne et polonaise (2 % chacun), lituanienne, rom, tatar… La langue officielle est le letton, langue balte pratiquée couramment par plus de 62 % de la population. Un peu moins de 38 % des habitants utilisent le russe dans la sphère privée ; son emploi est même majoritaire dans la région de Riga et dans la province orientale de Latgale, frontalière de la Russie (où est également parlé le latgalien, dialecte issu du letton).

Sur les 76 % d’habitants déclarant une religion, la quasi-totalité sont chrétiens : luthériens (36 %), catholiques (près de 20 %), orthodoxes (environ 19 %)…

Redevenue indépendante en septembre 1991, comme ses voisins baltes – après de longues années de tutelle russo-soviétique – la Lettonie a des relations tendues avec la Russie, notamment au sujet de leur frontière commune : Riga ambitionne parfois de revenir sur le tracé frontalier issu de l’accord russo-letton de 1920, qui a cédé à la Russie quelques territoires de l’extrême nord-est. Les relations sont d’autant plus délicates que le pays a rejoint le camp occidental (OTAN et Union européenne) et que, du fait de la russification massive menée durant l’occupation soviétique, le nombre des russophones a augmenté par rapport à celui des autochtones : en 1989, les Lettons ne représentaient plus que 52 % de la population de la Lettonie contre 75 % en 1925. La Russie est par ailleurs accusée d’alimenter certaines tentations séparatistes, comme celles de la région orientale de Latgale : Daugavpils, sa ville principale (et deuxième ville du pays), ne compte que 20 % de Lettons, dont beaucoup parlent encore le dialecte latgalien.

La citoyenneté lettone n’ayant été accordée qu’aux personnes présentes dans le pays avant 1940 et à leurs descendants, les résidents ayant conservé la nationalité russe sont tenus de demander un nouveau titre de séjour, impliquant de passer un test de langue et de donner des gages de loyauté au pays. Comme en Estonie, le gouvernement a décidé d’accélérer l’apprentissage obligatoire de sa langue nationale dans le système scolaire, dont une partie ne fonctionne encore qu’en russe ; la part du letton dans l’enseignement doit ainsi atteindre au moins 60 % dans les lycées russophones financés par l’État. En 2012, 75 % des électeurs rejettent, par référendum (69 % de participation), l’adoption du russe comme seconde langue nationale ; la mesure avait été réclamée par plus de 180 000 électeurs russophones.


Aux législatives de l’automne 2022, les partis pro-russes sont quasiment balayés : même le Centre Harmonie, formation représentant les russophones qui était devenue le premier parti du pays en 2011 (et avait un temps dépassé 20 %), n’obtient pas les 5 % nécessaires à l’obtention de députés. L’essentiel des sièges va à des formations centristes. Le gouvernement de coalition qui s’installe en septembre 2023 associe Nouvelle unité (libéraux-conservateur), les Progressistes (sociaux-démocrates) et l’Union des Verts et des paysans (ZZS).

De plus en plus précaire, alors qu’approchent les législatives, l’alliance gouvernementale éclate en mai 2026, victime indirecte de la guerre entre l’Ukraine et la Russie : la Première ministre (libérale) limoge son ministre de la Défense (social-démocrate), l’accusant d’être incapable d’empêcher la chute, sur le sol letton, de drones ukrainiens déviés de leur trajectoire par les Russes. Le soin de former un nouveau gouvernement est confié à un ancien homme d’affaires, élu de la Liste unie, une formation de centre-droit née, en 2022, d’une scission au sein de la ZZS. Venu du monde des affaires, le nouveau Premier-ministre remporte largement les élections à la Saeima (le Parlement) en octobre 2026 : son parti remporte plus de 35 % des voix, loin devant les populistes pro-russes de Lettonie d’abord et de Pouvoir souverain-Nouveaux Lettons (un peu moins de 25 % à eux deux) ; aucune formation n’avait atteint un tel score depuis l’indépendance, mais la participation a été faible (moins de 52 %). Détenant 42 % des sièges, la Liste unie pourra gouverner en s’alliant aux deux autres partis de droite et de centre-droit (un peu plus de 15 % des voix). Les Progressistes n’arrivent que sixièmes et la ZZS est éliminée de la Saeima.