357 022 km²
République fédérale parlementaire
Capitale : Berlin
Monnaie : l’euro
84 millions d’habitants (Allemands)
Réunification en 1990

Les couleurs du drapeau sont celles de l’Empire germanique et d’un corps de volontaires prussiens ayant lutté contre l’occupation française en 1814.
Pour l’histoire ancienne, lire A l’origine des pays germanophones

Ouverte sur la mer du Nord et la mer Baltique au nord (2 389 km de côtes), l’Allemagne partage 3694 km de frontières terrestres avec neuf pays : 418 avec la France au sud-ouest, 128 avec le Luxembourg, 133 avec la Belgique et 575 avec les Pays-Bas à l’ouest, 140 avec le Danemark au nord, 447 avec la Pologne et 704 avec la Tchéquie à l’est, 801 avec l’Autriche et 348 avec la Suisse au sud.
Le Nord est occupé par la plaine d’Europe du Nord, le centre par des montagnes anciennes d’altitudes peu élevées (Forêt noire, Monts métallifères, Harz, Eifel, Jura souabe…) et le sud par un bassin sédimentaire et par le massif des Alpes bavaroises (dont le sommet culmine à un peu plus de 2960 m). Le climat est de type continental tempéré, avec une influence océanique au nord-ouest.
Administrativement, l’Allemagne est une république fédérale composée de seize Länder, chaque Land disposant de larges pouvoirs (en matière de culture, d’éducation, de police…) et d’institutions appropriées (constitution, gouvernement, parlement…). Le plus vaste est la Bavière (plus de 70 000 km², capitale Munich) au sud et le plus peuplé la Rhénanie-du-nord-Westphalie (18 millions d’habitants, capitale Düsseldorf) au centre-ouest. Les trois plus petits sont les cités-Etats de Brême (404 km²), Hambourg (755) et Berlin (891). Trois Länder portent le nom de Saxe : Basse-Saxe (Hanovre) au nord, Saxe-Anhalt (Magdebourg) au centre et Saxe (Dresde) au centre-est.
Environ 85 % de la population est de nationalité allemande. Les principales minorités sont turque (un peu moins de 2 %, dont une partie kurde), ukrainienne, syrienne, roumaine, polonaise (un peu plus d’1 %). L’allemand standard (Hochdeutsch) est la langue nationale officielle. Dans la vie quotidienne, une petite moitié d’Allemands utilise des dialectes appartenant aux groupes bas-allemand (Niederdeutsch) et bas francique au nord, moyen-allemand occidental et moyen-allemand oriental au centre et haut allemand au sud (bavarois, alémanique comme l’alsacien et le suisse allemand, francique méridional et francique oriental). Sur la langue allemande, cf. l’encadré dans Pays germanophones et rubrique « Langues germaniques » dans Particularismes socioculturels.
Les parlers de quatre minorités ethniques bénéficient d’un statut officiel : le danois dans la moitié nord du land du Schleswig-Holstein (où le bas-saxon est également reconnu comme langue régionale), les dialectes frisons sur les rivages de la mer du Nord (oriental ou saterlandais en Basse-Saxe et dialectes du frison septentrional au Schleswig-Holstein), les dialectes haut et bas-sorabes (langue slave de la région de Lusace, à cheval sur la Pologne) et le romani. La minorité danoise bénéficie d’un siège d’office au Bundestag (chambre basse du Parlement fédéral).
Sur les 56 % d’habitants déclarant une religion, un peu moins de 25 % sont catholiques (surtout au sud), un peu moins de 23 % protestants (essentiellement luthériens, au nord et à l’est) et un peu moins de 4 % musulmans (dont environ 0,5 % d’Alévis / bektachis).

Photo : vestiges du mur de Berlin
Co-fondatrice de la Communauté économique européenne en 1957 (après avoir rejoint l’OTAN deux ans plus tôt), l’Allemagne de l’Ouest est gouvernée par deux grandes formations, parfois alliées (au sein de grandes coalitions) ou associées à d’autres mouvements tels que les libéraux et les écologistes : le Parti social-démocrate (SPD) et l’Union chrétienne-démocrate (CDU). Avec sa branche bavaroise (la CSU), cette formation conservatrice a donné au pays ses trois principaux chanceliers (chefs de gouvernement) : Konrad Adenauer (de 1949 à 1963), Helmut Kohl (de 1982 à 1998) et Angela Merkel (de 2005 à 2021). C’est sous le second que, en 1990, la République fédérale ouest-allemande (RFA) intègre la République démocrate allemande (RDA), dirigée par un gouvernement communiste. La réunification intervient après la chute du mur de Berlin, érigé en 1961 par la RDA pour séparer les parties pro-soviétique et pro-occidentale de l’ancienne capitale du Reich (cf. Aux origines des pays germanophones)
Les élections législatives de février 2025 confirment les difficultés d’intégration économique et sociale de la partie orientale : l’extrême-droite pro-russe d’Alternative für Deutschand (AfD), devenue la deuxième force du pays (derrière les chrétiens-démocrates, mais devant le SPD), ne remporte aucun siège à l’ouest ; en revanche, elle arrive en tête dans la quasi-totalité des circonscriptions de l’ancienne Allemagne de l’Est, à l’exception de Berlin et de quelques villes comme Weimar, avec des scores dépassant parfois 40 % des suffrages.
Soutien européen principal de l’Ukraine contre la Russie (cf. Ukraine), l’Allemagne est visée par des opérations d’origine russe. En août 2026, deux drones chargés d’explosifs militaires sont découverts près d’avions ukrainiens stationnant sur l’aéroport de Leipzig (en Saxe). Précédemment, les services de Berlin avaient déjoué deux tentatives d’assassinat de patrons d’entreprises allemandes d’armement. En septembre, les élections régionales de Saxe-Anhalt (Magdebourg) sont pourtant remportées par des mouvements russophiles. Dans le Land le plus âgé et le plus pauvre du pays, la CDU et les autres partis de gouvernement ne rassemblent que 38 % des suffrages, 20 % derrière les formations radicales de droite et de gauche : l’AFD obtient près de 44 % des voix, sans disposer pour autant d’une majorité absolue au Parlement régional.