1 001 km²
République semi-présidentielle
Capitale : Sao Tomé
Monnaie : nouveau dobra
224 000 habitants (Santoméens)
Indépendance en 1975

Les bandes vertes du drapeau représentent la végétation tropicale et la jaune le cacaoyer, principale ressource de l’archipel. Le triangle rouge est celui du sang versé lors de la lutte pour l’indépendance. Les deux étoiles de couleur noire (comme l’Afrique) représentent les deux îles formant le pays.

Volcanique (avec un point culminant à plus de 2000 m), l’archipel est composé de Sao Tomé (850 km²), de Principe (140 km², qui bénéficie d’une semi-autonomie) et d’îles plus petites. Les deux plus grandes sont séparées d’environ 150 km et distantes d’un peu plus de 200 km des côtes respectives du Gabon et de la Guinée équatoriale. Elles présentent 209 km de littoral sur le golfe de Guinée. Le climat est tropical.
La population compte six groupes : les Métis, les Angolares (pêcheurs descendant d’Angolais), les Forros (descendants d’esclaves affranchis), les serviçais (travailleurs venus d’ex-colonies portugaises), les Tongas (issus d’unions entre serviçais et Forros) et les Européens. La langue officielle est le portugais, aux côtés de divers créoles. Sur les 78 % d’habitants déclarant une religion, 56 % sont catholiques et 13 % adeptes d’autres confessions chrétiennes.

Inhabitées, les deux îles sont découvertes et colonisées par les Portugais à la fin du XVe siècle, en même temps que Fernando Po et Annobon (qui forment aujourd’hui une partie de la Guinée équatoriale). Les colonisateurs y développent les plantations de sucre, cultivées par des esclaves raflés sur le continent et dont certains prennent ensuite la route du Brésil. La traite est d’abord assurée par les colons de l’île, puis par le roi du Portugal allié au souverain christianisé du royaume du Congo.
L’indépendance est acquise en 1975, à la suite d’un vaste mouvement de grèves et de mutineries. Le premier Président, Manuel Pinto da Costa, instaure un régime marxiste fondé sur un parti unique, le Mouvement pour la libération de Sao Tomé-et-Principe (MLSTP). L’une des principales conséquences est le retour dans leurs pays de plusieurs milliers de colons portugais, ce qui prive le jeune État d’une grande partie de ses cadres.
Des réformes de libéralisation économique et politique sont finalement introduites à la fin des années 1980 et, en 1991, le candidat de l’opposition (mais ancien Premier ministre du régime déchu) remporte les premières élections multipartites. Réélu, Miguel Trovoada reste à la tête de l’État jusqu’en 2001. Mais la situation politique est instable. Les coalitions gouvernementales se succèdent, de même que les tentatives, avortées, de coups d’État (en 1995, 1998, 2003 et 2009).
En 2010, Patrice Trovoada – fils du premier – prend la tête du gouvernement, après la victoire de son Action démocratique indépendante (ADI, centre droit) devant le MLSTP-PSD (social-démocrate). Renversé au Parlement en 2012, il revient au pouvoir deux ans plus tard, après une nouvelle victoire électorale de sa formation. Démissionnaire en 2018, faute de majorité suffisante, il retrouve son poste de Premier ministre fin 2022, après un nouveau succès de l’ADI aux législatives et ce malgré les accusations qui pèsent sur lui (irrégularités financières et financement du putsch de 2003). A peine réélu, Trevoada fait face à une tentative de coup d’État, avortée, conduite par le Président de l’Assemblée nationale sortante. En 2025, il est limogé par le chef de l’État, Carlos Vila Nova, qui avait été élu en 2021 avec le soutien de l’ADI.
Ayant de ce fait perdu le soutien du parti gouvernemental, le Président sortant se représente comme indépendant, aux élections présidentielles de juillet 2026. Faisant face à un économiste, à un juriste et surtout au chef du groupe parlementaire de l’ADI, Vila Nova est réélu avec près de 56 % des voix, dans un contexte économique dégradé. Dépendant essentiellement du cacao, l’économie n’offre un emploi officiel qu’à un peu plus de 20 % de la population, alors que plus de 60 % des habitants ont moins de trente ans. La situation provoque une hausse continue de l’émigration (environ 18 % de la population de São Tomé, dont plus de la moitié vers Lisbonne et le Portugal).
Image de « une » : le Pico Grande